Pakistan – Terrorisme

Al-Qaïda en Afghanistan promet de venger la mort d’al-Libi

Bassirat.net

lundi 11 février 2008

Le chef autoproclamé d’al-Qaïda en Afghanistan, Moustafa Aboul al-Yazid, a confirmé dans un message vidéo d’une douzaine de minutes la mort d’Abou Laith al-Libi et appelé ses combattants à la vengeance.

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Abou Laith al-Libi
Crédits : IntelCenter/Reuters

« L’assassinat des chefs héroïques (d’al-Qaïda) ne met pas et ne mettra pas un terme à la marche du djihâd (…) ». Au contraire, la mort des leaders d’al-Qaïda contribue à renforcer la détermination des djihâdistes, a-t-il poursuivi. Les combattants d’al-Libi « ne se reposeront pas tant qu’ils ne l’auront pas vengé et qu’ils n’auront pas réalisé ses aspirations », a-t-il ajouté.

Abou Laith al-Libi (le Libyen) a péri le 28 janvier dans un tir de missile américain, selon un responsable occidental et des officiers des services de renseignements pakistanais. Sa mort a également été annoncée par un site islamiste.

Selon un responsable d’un service de renseignements occidental, un missile Hellfire a été tiré mardi depuis un drone américain Predator sur le village de Torkhali, dans les environs de Mir Ali, localité située dans l’agence tribale semi-autonome du Nord-Waziristan, à la frontière avec l’Afghanistan. Quelques instants avant le tir, le village avait été survolé par deux drones. Ce responsable s’appuie sur les témoignages de chefs tribaux. Aucun d’eux n’a dit avoir vu le tir, mais l’un a entendu un bruit de moteur avant la frappe.

L’attaque a fait douze morts, six Arabes et de six hommes originaires d’Asie centrale, a affirmé le responsable. Ces hommes ont, dans un premier temps, été présentés comme des dirigeants de niveau intermédiaire de l’organisation al-Qaïda. Puis, le quotidien pakistanais The News a affirmé qu’Abou Laïs al-Libi, l’un des responsables d’al-Qaïda en Afghanistan, et un autre responsable de haut rang de la mouvance terroriste, Obaïdah al Masri (l’Égyptien), étaient les cibles de l’opération, mais qu’ils ne se trouvaient pas sur les lieux au moment du tir de missile.

Toutefois, Al-Ekhlaas, forum internet affilié à al-Qaïda, a annoncé jeudi la mort d’al-Libi. « Un large bandeau est apparu sur Al-Ekhlaas annonçant la mort de Abou Laith al-Libi, un dirigeant d’Al-Qaïda qui était également le chef du Groupe islamique combattant en Libye », a annoncé SITE centre américain spécialisé dans la surveillance des communications d’al-Qaïda.

Un autre site Internet, le Centre d’information, Al-Fajr, a également fait état de la mort d’Abou Laith. « Nous annonçons la bonne nouvelle à la nation islamique : cheikh Abou Laith (...) al-Libi est tombé en martyr sur le sol du Pakistan musulman. Puisse Dieu débarrasser (ce pays) du joug de l’apostat (le président pakistanais Pervez Moucharraf, ndlr) et de sa clique », pouvait-on lire dans un communiqué.

Né en Libye vers 1967, Abou Laith al-Libi est considéré comme l’un des principaux chefs militaires d’al-Qaïda en Afghanistan. Responsable de camps d’entraînement, il aurait planifié un certain nombre d’attentats-suicides, dont celui de février 2007 qui a fait vingt-trois victimes à l’entrée de la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul, à l’occasion de la visite officielle du vice-président américain, Dick Cheney. Al-Libi apparaissait en cinquième position sur la liste des personnes les plus recherchées par l’administration américaine. Sa tête était mise à prix 200 000 dollars. Il y a à peine trois mois, cependant, il était apparu aux côtés de l’Égyptien Ayman al Zawahiri, idéologue d’al-Qaïda, sur un enregistrement vidéo diffusé pour annoncer la fusion de son organisation, le Groupe de combat islamique libyen, avec al-Qaïda.

Selon l’auteur de l’ouvrage de référence « Al Qaïda, au cœur du premier réseau terroriste mondial », al-Libi assurait la liaison entre l’organisation de Ben Laden et divers groupes islamistes armés libyens, algériens, ouzbeks et turkmènes. « On a pu constater aussi qu’il a contribué à la formation d’un certain nombre d’extrémistes pakistanais qui vivent en Occident et sont venus au Nord-Waziristan pour y subir un entraînement », explique Rohan Gunaratna, également chercheur au Centre d’étude sur le terrorisme de l’université écossaise de Saint Andrews.

Mahmood Shah, ancien responsable de la sécurité pakistanaise dans les zones tribales, minore son importance au sein de la nébuleuse terroriste. En effet, il ne présente al-Libi que comme le chef de l’un des quatre groupes d’al-Qaïda opérant au Nord-Waziristan.

Quoi qu’il en soit, l’expérience prouve que les chefs d’al-Qaïda liquidés sont toujours remplacés très rapidement.

Avec Reuters, AP, AFP, The News et BBC








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