Reconstruction

Ariana revit peu à peu

Bassirat.net

samedi 10 mai 2003

La compagnie afghane de transport aérien Ariana se développe lentement mais sûrement. Kaboul relie actuellement huit destinations dans le monde, alors qu’il y a encore deux ans elle était victime d’un embargo aérien.

Ariana possède à l’heure actuelle sept appareils en état de voler : trois Airbus A300/B4 offerts par l’Inde en 2001, trois Boeing 727-200 et un Antonov 24. Ces avions lui permettent de joindre Kaboul à Islamabad, Delhi et Amritsar en Inde, Dubaï et Sharjah aux Émirats Arabes Unis, Téhéran, Istanbul et Frankfort. Au niveau national, seuls Hérât et Mazâr-e-Sharif bénéficient de vols réguliers.

Ariana a vu le jour en janvier 1955 comme compagnie officielle de l’Afghanistan lorsque un pilote américain transféra en Afghanistan plusieurs Dakota, utilisés par des compagnies privées indiennes, dans le but d’établir une compagnie aérienne dans ce pays qui en était jusqu’alors dépourvu. L’année suivante, Pan America, une des plus importantes compagnies américaines de transport aérien de l’époque, entra dans le capital de la compagnie à hauteur de 49 %, le reste étant propriété de l’État afghan. La Pan Am contribua à son développement, en donnant la possibilité aux membres d’Ariana d’être formés sur le sol américain et d’acquérir un niveau de compétences élevé. Après le retrait de Pan America, la compagnie afghane demeura toujours sûre et efficace jusqu’à l’invasion soviétique en 1979 qui marqua le début de son déclin.

Depuis 2001, elle se heurte à un problème matériel plus qu’embarrassant. La coalition internationale, qui a combattu les Taliban, a détruit six de ses appareils. Jusqu’à aujourd’hui, seule la générosité des Indiens a permis à la compagnie de reprendre ses activités. Khalid Ahmad Najmyar, Président d’Ariana Afghan Airlines, compte ainsi sur la bonté des pays étrangers pour étendre la compagnie : « on ne demande rien de neuf mais juste à louer ou d’occasion. Nous avons besoin d’aéroports, d’avions, d’équipage, de maintenance, c’est-à-dire de tout et si on pouvait nous aider ce serait très aimable ». Il a ajouté que l’Arabie Saoudite a annoncé qu’elle répondrait favorablement à sa demande de quatre Boeing 737, trois appareils destinés au fret, de préférence des Boeing 757, des Tristars ou des DC-10, ainsi que la formation d’une équipe de 65 personnes. Il a encore fait savoir qu’Ariana sollicite également l’aide de Boeing, tandis qu’United Airlines a promis l’aide au financement d’un Boeing 767 pour les longues destinations (un Boeing 727 serait acquis gratuitement en échange de cette acquisition).

Aujourd’hui les avions de ligne afghans sont vieillissants : 21 ans pour les Airbus offerts par le gouvernement indien, 26 pour les Boeing 727, sans parler de l’Antonov 24 quadragénaire. M. Najmyar défend justement toute critique concernant la sécurité de ses appareils et de sa compagnie. Il déclare qu’Ariana n’a connu aucun accident depuis plus de vingt ans et prend pour exemple le transport des 26000 pèlerins afghans cette année qui s’est déroulé dans les meilleures conditions.

Ces derniers temps, Ariana fait face à une rude concurrence menée par les Nations Unies pour les vols reliant Kaboul à Islamabad et Dubaï. L’ONU propose des vols plus avantageux dans sa politique d’aide humanitaire. La semaine passée, trois Boeing 727 d’Ariana ont atterri à Kaboul avec seulement quatre passagers à leur bord alors que les vols de l’ONU font le plein.

Les transports représentent donc un domaine largement prioritaire dans le gouvernement actuel. Ils ont par ailleurs déjà connu des tensions : en effet, le Ministre de l’Aviation avait été assassiné dans de mystérieuses conditions avant le départ des pèlerins afghans vers La Mecque en 2002. M. Najmyar demande ainsi la protection du gouvernement.

A terme, il espère équiper Ariana d’une quinzaine d’appareils afin de relier davantage de destinations à travers le monde.








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