« Le gouverneur de Kandahâr doit être plus présent sur le terrain, doit exercer son autorité, et le président Karzaï doit répondre à certaines questions par rapport à l’efficacité du gouverneur », a déclaré Maxime Bernier aux journalistes qui l’interrogeaient sur ce que le président Hamid Karzaï devrait faire pour lutter contre la corruption dans le sud du pays.
« Le président doit décider de l’avenir du gouverneur. Est-ce qu’il est la bonne personne, à la bonne place, au bon moment, pour avoir le gouvernement qui soit présent avec nous sur le terrain ? », s’est-il interrogé.
Proche de l’Ittihad-e Islami, parti parti wahhabitte de Rasoul Sayyaf, Assadôllah Khalid a dirigé la province de Ghazni jusqu’en 2005, date à laquelle il a été placé à la tête de la province de Kandahâr en remplacement d’un gouverneur accusé de corruption, de népotisme et d’inefficacité. L’année dernière, il s’était déjà retrouvé au cœur d’une controverse. En effet, il avait été accusé d’avoir personnellement battu un prisonnier, ce qu’il avait démenti.
Peu de temps après sa sortie, le ministre Bernier a publié un communiqué afin de clarifier sa position. « L’Afghanistan est un État souverain qui prend ses propres décisions en matière de nominations gouvernementales. Je peux vous assurer que le Canada respecte pleinement ce fait et qu’il ne demande nullement au gouvernement afghan de faire des changements dans ce domaine », a précisé le ministre.
Ce n’est pas la première fois qu’un pays étranger intervient pour obtenir le remplacement d’un gouverneur. Londres, avec le soutien de Washington, avait obtenu le limogeage de Sher Mohammad Akhounzada, alors gouverneur de la province méridionale de Helmand, avant d’y déployer plusieurs milliers de soldats. Sher Mohammad Akhounzada était considéré par les Britanniques et les Américains comme un trafiquant de drogue qui utilisait les forces de sécurité pour régler ses différends tribaux. Peu après son limogeage, Sher Mohammad Akhounzada était nommé sénateur par le président Karzaï.
Avec Radio-Canada.ca, Agence France Presse, Pajhwok et Presse canadienne



