Afghanistan – Éducation

Des centaines d’écoles restent fermées dans le Sud

Bassirat.net

lundi 17 septembre 2007

Alors que la nouvelle année scolaire a commencé le 10 septembre dans les provinces du sud de l’Afghanistan où sévit l’insurrection, il est probable que les portes de centaines d’écoles soient restées closes en raison de l’insécurité.

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Selon Oxfam, 2 millions d’élèves étudient dans des tentes ou en plein air
Crédits : Masoud Popalzai/IRIN

Au moins trois cents écoles dans les provinces de Helmand, Kandahâr, Zâbol et Oourouzgân ne vont pas pouvoir rouvrir en raison de l’insécurité, affirme Siddiq Patman, vice-ministre de l’Éducation.

La carte du système éducatif afghan connaît une division entre les régions chaudes et les régions froides. Dans celles-ci, essentiellement dans le centre et le nord du pays, l’année scolaire, pour les écoliers et les étudiants, commence en mars et prend fin en novembre. Dans les régions chaudes, les neuf mois de cours débutent en septembre.

Plus de six millions d’élèves, dont 38 % de filles, ont été inscrits à travers le pays. 40 % des élèves vont suivre leur scolarité dans les régions chaudes du sud, selon le ministère de l’Éducation.

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Tableau criblé d’impacts dans une école de Kaboul
Crédits : Arkansas Democrat-Gazette/BENJAMIN KRAIN

En raison de la violence liée à l’insurrection et à d’autres problèmes, plus de 350 écoles ont été fermées dans les provinces du sud en 2006, ont déclaré des responsables. « Nous avons réussi à rouvrir une quarantaine d’écoles qui avaient été fermées l’année dernière pour différentes raisons », précisé M. Patman.

Problèmes éducatifs dans la province de Helmand

Dans les districts de la province méridionale de Helmand que les taliban contrôlent, le système éducatif a été détruit au cours des quatre dernières années, selon les autorités provinciales.

« En 2003, il y avait 224 écoles dans la province de Helmand. Aujourd’hui, quatre-vingt-dix seulement ont ouvert pour la rentrée scolaire », espérait Taj Mohammad Popal, le directeur du service provincial de l’éducation.

Depuis 2005, 36 écoles ont été incendiées et 17 enseignants ont été assassinés dans la province, selon des chiffres fournis par des responsables du ministère de l’Éducation. Dans les zones contrôlées par les taliban, les responsables afghans ne peuvent pas faire fonctionner des écoles. L’accès à l’éducation est interdit aux filles et les garçons ne reçoivent qu’un enseignement coranique.

Situation dans d’autres provinces

Dans la province voisine d’Ourouzgân, plus de 65 écoles sur 171 ne fonctionnent plus depuis plus de deux ans, affirme Mohammad Nour Khân, vice-directeur de l’éducation. Des responsables des provinces de Kandahâr, Zâbol Ghazni, Paktia et Khôst font également état de la fermeture de dizaines d’écoles, majoritairement d’écoles pour filles, en raison des attaques des taliban.

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Ecole de Kaboul
Crédits : Reuters/Jim Hollander

Les progrès accomplis par l’Afghanistan depuis la chute des taliban ont été loués dans certains cercles, mais plus de la moitié des 3,5 millions d’enfants afghans n’est pas scolarisée, affirmait l’Ong britannique Oxfam en octobre 2006.

Le ministère afghan de l’Éducation a annoncé la destruction de quatorze écoles lors d’incendies survenus entre avril et mai 2007. Les attaques visant les écoles et leurs élèves ont, cependant, connu une diminution modeste en juin et en juillet suite au lancement d’une campagne officielle importante de protection des écoles. Les responsables ont également encouragé les communautés à déclarer publiquement leur soutien à l’éducation.

« Nous ne voulons pas protéger les écoles avec des armes et des soldats », affirme M. Patman. « Nous voulons que les communautés protègent leurs écoles, leurs étudiants et leurs enseignants », ajoute-t-il. Dans un souci d’assurer une scolarité en toute sécurité à tous les enfants du pays, des responsables du ministère de l’Éducation ont indirectement essayé de persuader les taliban que les attaques contre les écoles étaient injustifiables et devaient être évitées.

Le message selon lequel l’éducation est apolitique, non militaire, impartiale et que les taliban devaient, cesser d’attaquer les écoles, les élèves et les enseignants a été relayé par le biais des assemblées (shoura) locales. « Nous ne nions pas le droit à l’éducation des enfants, des frères et des sœurs des taliban et ils devraient faire la même chose », assure Hâdji Mollah Agha, chef tribal de la province de Helmand.

En janvier, un porte-parole des taliban aurait déclaré que les rebelles avaient l’intention de dépenser un million de dollars pour établir leurs propres écoles islamiques dans le sud de l’Afghanistan. Cependant, neuf mois plus tard, aucune école ne fonctionne sous l’autorité des taliban, affirment des officiels.

Déchiré par deux décennies de guerre, l’Afghanistan a l’un des taux d’analphabétisme les plus élevés au monde. Plus de 90 % des femmes et 60 % des hommes sont considérés comme illettrés, selon l’USAID (US Agency for International Development).

Ce texte est la traduction d’un article publié sur le site Internet du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (IRIN).








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