Afghanistan - Rébellion

Djalalouddine Haqqani rompt sept ans de silence

Bassirat.net

mardi 8 avril 2008

Vétéran du djihâd contre les Soviétiques et fer de lance de l’insurrection dans le sud-est de l’Afghanistan, le mawlawi Djalalouddine Haqqani est sorti de son silence pour réitérer son appel à la guerre sainte contre les États-Unis.

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Djalalouddine Haqqani

Les rumeurs l’annonçaient mort ou gravement malade. C’est un Djalalouddine Haqqani frêle et fragile mais bien en vie qui est apparu le 22 mars sur les écrans d’Al-Jazeera pour défier les États-Unis et l’Otan.

« Les Américains ont affirmé que les taliban avaient été vaincus mais nous n’avons pas été défaits », a-t-il déclaré dans une vidéo qui célèbre également la réussite d’un attentat-suicide visant l’armée américaine. « C’était notre tactique de nous évanouir dans la nature et de préparer une guérilla », a-t-il ajouté.

« Avec l’aide de Dieu, qui nous envoie ses anges pour nous aider, nous allons infliger une défaite à Bush et nous poursuivrons notre Djihâd jusqu’au Jour de la Résurrection », a-t-il déclaré dans cette vidéo qui a également été diffusée par d’autres médias.

Né dans les années 1950 dans la province de Paktia, au sud-est de l’Afghanistan, Djalalouddine Haqqani appartient à la tribu pashtoune des Zadran. Diplômé de la madrassa pakistanaise de Dâr ul Ulum Haqqâniya, il a participé au djihâd contre les troupes soviéto-afghanes dans les rangs du Hezb-e Islami du mawlawi Younous Khalis.

Grâce à ses qualités de combattants, il noue des liens solides avec les services secrets pakistanais, ce qui lui permet d’obtenir une aide massive de la CIA. Sur le plan religieux, son ultra-rigorisme lui faut le soutien du royaume saoudien. Il attire également les combattants arabes venus participer à la guerre sainte sur le sol afghan, ce qui le rapproche d’Ossama Ben Laden. En 1991, il dirige une coalition de commandants qui prend Khôst, première ville « libérée » par les moudjahiddine.

En 1995, il rejoint les taliban. Malgré son aura d’ancien commandant et l’importance de son assise régionale (Haqqani était et reste bien implanté dans les provinces de Paktia, Paktykâ et Khôst), il n’appartiendra jamais au premier cercle des taliban et ne parviendra pas à s’approcher du pouvoir décisionnel.

Après la chute des taliban fin 2001, Djalalouddine Haqqani se réfugie dans la zone tribale pakistanaise. Il profite des liens qu’il a noués pendant plus de vingt ans pour réorganiser son réseau à partir du village de Dande Darpa Khel, dans les environs de Miranshah, principale ville de l’agence tribale semi-autonome du Nord-Waziristan où il a établi une école coranique et possède une maison. Aujourd’hui, il mène ses opérations avec ses fils, Sirajouddin et Badroudin, depuis cette région. On leur prête la paternité de l’attaque suicide visant l’hôtel de luxe Serena en plein cœur de Kaboul.

La réapparition de Djalalouddine Haqqani intervient au moment où la France annonce l’envoi de 700 hommes dans l’est de l’Afghanistan. Le Commandement régional de la Force internationale d’assistance à la sécurité couvre notamment les provinces où le réseau Haqqani est actif.

Selon Asia Times Online, les services de renseignements français s’intéressent désormais aux principaux chefs rebelles présents dans la zone tribale pakistanaise qui jouxte les provinces de l’est de l’Afghanistan. Asia Times Online affirme que Sirajouddin Haqqani, Baïtôllah Meshoud, chef des taliban paksitanais, et Tahir Youldash, chef du Mouvement islamique d’Ouzbékistan, sont traqués par les agents secrets français. « De nouveaux fonds ont été alloués à des opérations clandestines par les services de renseignements français dans les régions pakistanaises du Nord et du Sud Waziristan ainsi que dans la province du Baloutchistan avec pour objectifs de traquer des cibles de haut niveau et de les assassiner. Ces opérations sont menées en coordination avec les forces de l’Otan en Afghanistan », estime Asia Times Online.

Avec Al-Jazeera, Jamestown et Asia Times Online








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