Habibôllah Jan

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Habibôllah Jan est né au début des années 1960 dans une famille influente appartenant à la tribu pashtoune Alizaï, membre de la Confédération Dourrani.

En avril 1978, les communistes afghans renversent le prince Daoud et prennent le pouvoir à Kaboul. Le régime du Nour Mohammad Taraki, qui restera dix-huit mois au pouvoir, impose par la force un programme de réformes d’inspiration marxiste-léniniste. Ces réformes, pour beaucoup d’Afghans, vont trop loin. La résistance s’organise et le régime bascule dans la répression. C’est au cours de cette période que le père de Habibôllah Jan, Haji Mohammed Omarzaï, est arrêté en compagnie de centaines d’autres chefs tribaux influents.

Habibôllah Jan rejoint les moudjahiddine à l’âge de seize ans. A la fin de la guerre, il contrôle un territoire s’étendant à l’ouest de la ville de Kandahâr, le long de l’autoroute A1. En 1994, il est chassé de Kandahâr par l’avancée des taliban. Il rejoint alors Ahmad Shah Massoud et combat les taliban à ses côtés.

Comme de nombreux potentats locaux, la chute des taliban fin 2001 à la faveur de l’intervention militaire américaine lui permet de reprendre les reines de son ancien fief et de reprendre le « Jeu » tribal ancestral en se positionnant comme l’un des plus farouches opposant du président Hamid Karzaï dans la province de Kandahâr.

En 2004, Habibôllah Jan, à contre courant des autres chefs tribaux pashtounes de la province de Kandahâr, fait campagne contre Hamid Karzaï, candidat à l’élection présidentielle, et prend fait et cause pour Younous Qanouni, l’un des héritiers du commandant Massoud. En 2007, il confirme ses positions en entrant au conseil de direction du Front uni d’Afghanistan, coalition anti-Karzaï rassemblant des moudjahiddines, des communistes et quelques royalistes.

En 2005, Habibôllah Jan avait été élu à l’Assemblée nationale avec 3,5 % des suffrages exprimés dans la province de Kandahâr (soit 5 922 voix).

Ce positionnement lui vaut une profonde inimitié de la famille Karzaï, notamment de la part du plus jeune frère du président afghan, Ahmad Wali. Les deux hommes se réconcilient néanmoins en 2007 au cours d’une cérémonie officielle suivie de trois jours de festivités. Mais, la trêve est rapidement rompue en raison des accusations de Habibôllah Jan qui affirme qu’Ahmad Wali est l’un des plus puissants et prospères barons de la drogue du pays.

Habibôllah Jan est également, durant cette période, l’un des remparts à l’avancée des taliban dans la province de Kandahâr. En septembre 2006, il apporte son aide à l’opération Medusa menée par l’armée canadienne pour éradiquer la présence des taliban dans deux districts situés au sud-ouest et à l’ouest de Kandahâr.

Le 4 juillet, Habibôllah Jan a été abattu par des inconnus dans les environs de Kandahâr.

Avec The Globe and Mail







 

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