Hazrat Ali

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Hazrat Ali

Hazrat Ali est le commandant militaire de la région Est

Agé d’une quarantaine d’années, Hazrat Ali est le fils d’un paysan originaire du village de la région de Kushmoun (district de Qarghayo), dans la province de Laghman. Affilié au Hezb-e Islami faction Khales, il prit les armes contre les troupes soviéto-afghanes et devint petit à petit le leader de la communauté pashaï.

A la chute du régime communiste afghan en avril 1992, il hérita du contrôle de l’aéroport de Djalâlâbâd à partir duquel avions partaient chargés d’opium à destination des Émirats arabes unis et en revenaient remplis de marchandises destinées à la contrebande avec le Pakistan.

Avec l’arrivée des taliban dans l’est de l’Afghanistan à l’été 1996, Hazrat Ali reprit le chemin de sa vallée natale de Darra-e Nour à partir de laquelle il dirigeait un front antitaliban circonscrit à la vallée. En effet, en raison de son appartenance ethnique, lui était impossible d’étendre les combats aux zones pashtounes. Néanmoins, ses actions ont permis en 2000 de réduire, pour un temps, la pression sur les hommes du commandant Massoud. En dépit de l’étroitesse de sa base ethnique, Hazrat Ali a bénéficié d’un soutien aveugle des Américains qui lui ont confié, ainsi qu’aux commandants Hâdji Zaman et Hâdji Zaher, la conduite des opérations terrestres dans les montagnes de Tora Bora où les Américains pensaient pouvoir arrêter Osama Ben Laden.

Aujourd’hui, Hazrat Ali est redevenu un baron de la drogue grâce à la mansuétude des Etats-Unis, dont les soldats sont stationnés sur l’aéroport de Djalâlâbâd. Selon Françoise Chipeaux, ses diverses activités de contrebande (drogue et bois notamment) lui rapportent 60 000 € par jour [1]. Hazrat Ali est également montré du doigt par les ONG qui défendent les droits de l’homme. Ainsi, il a notamment été accusé en février 2003 d’avoir menacé de mort un journaliste pakistanais qui avait révélé son inculpation par la justice afghane pour trafic de drogue, enlèvement et soutien aux membres d’al-Qaida, lors de leur fuite des montagnes de Tora Bora.

Hazrat Ali a trois femmes et douze enfants, dont 3 fils. Presque analphabète, il maîtrise néanmoins plusieurs langues étrangères : le pashaï , le pashto, le dari et l’ourdou.

[1] Trafics et corruption se sont banalisés en Afghanistan depuis la chute des talibans, Le Monde, 11 septembre 2003.







 

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