« Les débuts du mouvement communiste afghan sont loin d’être parfaitement connus. Son origine clandestine rend aléatoire la recherche de documents. L’existence de multiples courants et factions entraîne de surcroît, pour chaque événement, une multiplicité contradictoire de versions entre lesquelles le choix n’est pas aisé. Il est ainsi difficile d’apprécier selon quelle démarche un certain nombre d’intellectuels afghan sont devenus marxistes ente 1950 et 1960 et quel processus leur a permis de constituer au début des années soixante un parti léniniste ».
Etienne Gille in Afghanistan la colonisation impossible, 1984, p. 179.
Le communisme pénétra tardivement en Afghanistan. Un représentant afghan participa au Comité central des communistes orientaux à Berlin en 1919, aucun ne se rendit au Congrès du Comintern à Bakou en 1920 (des sources font état de la présence d’un Afghan du nom de Kara Tajiev qui était en fait plus vraisemblablement Ouzbèk). Les travaux de Marx furent diffués par le Ministère de l’Économie qui, en 1933, publia des traductions dans sa revue officielle Iqtisad.
Il faut attendre 1965 pour assister à la formation du parti démocratique du peuple afghan à Kaboul. Néanmoins, une série d’événements vont contribuer entre ces deux dates à créer des conditions propices à l’implantation du communisme en Afghanistan.
En 1949, le pouvoir afghan entreprend une ouverture timide de la scène politique, comme en témoigne la présence d’éléments libéraux à la Jirga royale, et de la presse avec l’autorisation du Wikh-e Zalmaiyan (Jeunesses éclairée), publication rassemblant ceux qui se réclamaient des idées du roi réformateur Amanôllah. Cette ouverture est dictée par la nécessité d’obtenir l’appui des États-Unis et de la communauté internationale face au Pakistan naissant.
Fondé en 1947, Wikh-e Zalmaiyan est animé depuis Kandahâr par des Pashtounes. Il dénonce le népotisme de la famille royale et la politique impérialiste que les États-Unis mènent dans la région. D’autres publications, essentiellement rédigées en pashto, relaient les opinions de ces groupuscules politiques éphémères : Nida-e Khalq (la voix du Peuple), Watan (la Nation), Angar (Charbons ardents) pour les plus notables. Les titres de ces publications montrent clairement leur ancrage à gauche, voire à l’extrême gauche. Elles trouvent un écho favorable dans les milieux étudiants et chez les fonctionnaires. Inquiet de la popularité croissante de ces mouvements contestataires qui ne tirent néanmoins qu’entre 1000 et 1500 exemplaires, le Premier ministre Chah Mahmoud fait arrêter en 1952, à la faveur d’une manifestation réclamant un régime constitutionnel et l’autorisation des partis politiques, 25 membres du Wikh-e Zalmaiyan et les leaders progressistes du Watan : l’historien nationaliste Ghôbar, Abdoul Rahman Mahmoudi, un député de Kaboul de tendance socialiste qui mourut à sa sortie de prison en 1963, et Babrak Karmal qui collaborait au journal Watan.
L’année suivante, le prince Daoud retrouva le pouvoir. Jusqu’en 1963, il mena une politique de rapprochement avec l’Union soviétique qui va contribua à l’émergence du Parti démocratique du peuple afghan, le parti communiste afghan.
Le communisme pénétra tardivement en Afghanistan. Un représentant afghan participa au Comité central des communistes orientaux à Berlin en 1919, aucun ne se rendit au Congrès du Comintern à Bakou en 1920 (des sources font état de la présence d’un Afghan du nom de Kara Tajiev qui était en fait plus vraisemblablement Ouzbèk). Les travaux de Marx furent diffués par le Ministère de l’Économie qui, en 1933, publia des traductions dans sa revue officielle Iqtisad.
Il faut attendre 1965 pour assister à la formation du parti démocratique du peuple afghan à Kaboul. Néanmoins, une série d’événements vont contribuer entre ces deux dates à créer des conditions propices à l’implantation du communisme en Afghanistan.
En 1949, le pouvoir afghan entreprend une ouverture timide de la scène politique, comme en témoigne la présence d’éléments libéraux à la Jirga royale, et de la presse avec l’autorisation du Wikh-e Zalmaiyan (Jeunesses éclairée), publication rassemblant ceux qui se réclamaient des idées du roi réformateur Amanôllah. Cette ouverture est dictée par la nécessité d’obtenir l’appui des États-Unis et de la communauté internationale face au Pakistan naissant.
Fondé en 1947, Wikh-e Zalmaiyan est animé depuis Kandahâr par des Pashtounes. Il dénonce le népotisme de la famille royale et la politique impérialiste que les États-Unis mènent dans la région. D’autres publications, essentiellement rédigées en pashto, relaient les opinions de ces groupuscules politiques éphémères : Nida-e Khalq (la voix du Peuple), Watan (la Nation), Angar (Charbons ardents) pour les plus notables. Les titres de ces publications montrent clairement leur ancrage à gauche, voire à l’extrême gauche. Elles trouvent un écho favorable dans les milieux étudiants et chez les fonctionnaires. Inquiet de la popularité croissante de ces mouvements contestataires qui ne tirent néanmoins qu’entre 1000 et 1500 exemplaires, le Premier ministre Chah Mahmoud fait arrêter en 1952, à la faveur d’une manifestation réclamant un régime constitutionnel et l’autorisation des partis politiques, 25 membres du Wikh-e Zalmaiyan et les leaders progressistes du Watan : l’historien nationaliste Ghôbar, Abdoul Rahman Mahmoudi, un député de Kaboul de tendance socialiste qui mourut à sa sortie de prison en 1963, et Babrak Karmal qui collaborait au journal Watan.
L’année suivante, le prince Daoud retrouva le pouvoir. Jusqu’en 1963, il mena une politique de rapprochement avec l’Union soviétique qui va contribua à l’émergence du Parti démocratique du peuple afghan, le parti communiste afghan.

