« Nous avons abandonné notre poste avancé dans le village de Wanat », a déclaré le porte-parole de l’Otan, Mark Laity, tout en essayant de minimiser la portée de cette annonce. « Ce type de poste est toujours temporaire. Nous nous y installons pour remplir une mission puis au moment approprié, nous partons », a-t-il ajouté. « Nous continuerons à maintenir une forte présence dans la région, notamment par des patrouilles », a-t-il assuré. Il n’en demeure pas moins que l’abandon d’un poste avancé suite à une attaque des insurgés constitue un sérieux revers pour l’Otan.
Dimanche, entre 100 et 200 rebelles selon les sources ont lancé des attaques contre la base avancée de Wanat. « Les insurgés ont ouvert le feu contre l’avant-poste à l’aide d’armes légères, de mitrailleuses, de lance-roquettes et de mortiers, en se servant d’habitations, de magasins et d’une mosquée dans le village de Wanat comme couverture », avait expliqué la Force internationale d’assistance à la sécurité dirigée par l’Otan. Neuf soldats américains avaient été tués, et quinze autres, ainsi que quatre soldats afghans blessés.
Dans l’Est et le Sud-Est du pays, l’armée américaine s’appuie sur de nombreuses bases avancées pour lutter contre l’infiltration de rebelles à partir du Pakistan. Londres a également appliqué cette stratégie dans la province méridionale de Helmand. Sous-dimensionnés en moyens humains, ces postes représentent une cible de choix pour un groupe important de rebelles. La capture d’une base avancée aurait un important retentissement sur la scène internationale et sur le moral des différents protagonistes.
Force est de contacter que les puissances occidentales ont un seuil de tolérance aux pertes humaines de plus en plus bas,ce qui s’explique notamment par une croissance démographique atone en Occident. L’avant-poste de Wanat était établi depuis moins de cinq jours lorsqu’il a été attaqué. Ses occupants, 45 soldats américains et 25 militaires afghans, avaient été repositionnés « pour des raisons logistiques et opérationnelles ». Neuf morts auront eu raison des impératifs invoqués pour y déployer des hommes. Les rebelles, quant à eux, ont perdu 47 hommes dans l’assaut.
Avec Agences

