L’accession de Dost Mohammad au pouvoir


Dost Mohammad était le vingtième fils de Sardar Payenda Khan. Après l’exécution de son père par Shah Zaman, en 1800, Dost Mohammad fut élevé par ses parents maternels, membres importants de la tribu Kisilbash, jusqu’au moment où il fut confié aux soins de son frère aîné Fateh Khan, qui jouissait d’une influence considérable auprès de Shah Mahmoud. Sous le second règne, de Shah Mahmoud, Dost Mohammad occupa des fonctions de premier plan, notamment celle de gouverneur du Kohistan et dirigea des expéditions couronnées de succès contre les rebelles au Cachemire. A la suite de l’expédition d’Hérât, Dost Mohammad tomba en disgrâce, sous prétexte qu’il avait offensé la fille du roi. Il s’enfuit alors au Cachemire. Soit par représailles, soit par jalousie pour son pouvoir, Shah Mahmoud et son fils Kamran aveuglèrent et tuèrent Fateh Khan. Malgré son jeune âge, Dost Mohammad se vit placer à la tête d’une armée levée par son frère ainé, Sardar Azim Khan, gouverneur du Cachemire et il se lança alors à la conquête de la capitale. Arrivé non loin de Kaboul, il obtint le soutien des membres de la tribu de sa mère, c’est-à-dire les Qizilbashs. S’appuyant sur ces derniers, il prit facilement la capitale en 1818. Il installa alors le prince Sadozaï Sultan Ali Shah, deuxième fils de Timour Shah, au trône, et il prit lui-même le titre de Wazir-i-Azam. (Les Barakzaï légitimaient leur pouvoir aux yeux de la population avec l’aide de l’aura de rois fantoches sadozaï, qui n’avaient en réalité de roi que le titre). Mais malheureusement pour lui, il fut contraint de rendre Kaboul à son frère aîné Mohammad Azim Khan. Dost Mohammad devint alors gouverneur de Ghazni. Pendant ce temps, à Kaboul, les princes Sadozaï continuaient leur vendetta et c’est ainsi que le Prince Ayub Shah monta sur le trône en 1819 après que son fils ait assassiné Sultan Ali Shah. Ayub Shah était conscient de sa position délicate, il décida de s’entretenir avec Mohammad Azim Khan, l’aîné des Barakzaï, afin d’obtenir son soutien : « Faites-moi roi et permettez qu’on batte monnaie à mon effigie. Je serai content et vous pourrez gouverner à votre guise. »

Mohammad Azim Khan prit alors à son tour le titre de Wazir-i-Azam et saisit par la même occasion les rênes de l’Etat. Dost Mohammad continua cependant à aspirer au pouvoir à Kaboul. Entre-temps, la situation du royaume s’était considérablement dégradée. Hérât, le Badakhshan et le Turkestan afghan avaient fait sécession, pendant que Ranjit Singh menaçait Peshawar après avoir annexé le Cachemire, Multan et Attock.

La mort du Premier ministre Azim Khan, en 1823, fut suivie d’une bataille acharnée entre ses frères pour conquérir le pouvoir. Purdil Khan (un autre frère aîné de Dost Mohammad), le gouverneur de Kandahar, s’empressa de se rendre à Kaboul où il assassina le pantin Ayub Shah. Mais peu après, il réussit à trouver les termes d’un accord avec Habib’Allah Khan, le fils d’Azim Khan, qui put ainsi devenir Premier ministre, en remplacement de son père. Mais peu de temps après, Dost Mohammad se rendit à son tour dans la capitale et il réussit à renverser le fils et successeur d’Azim Khan. Mais Kaboul tomba aux mains d’un autre frère, Sultan Mohammad Khan Telaï, gouverneur de Peshawar (nous reparlerons de ce personnage plus tard car il est l’ancêtre de Mohammad Nadir Shah). Malgré cela Dost Mohammad conserva l’appui de l’élément Qizilbash à Kaboul. Ce qui lui permit d’obliger Sultan Mohammad à abandonner définitivement tout espoir de s’y maintenir lui-même et Dost Mohammad en devint donc le maître en 1826. Mais ce ne fut pas suffisant pour éteindre la rivalité entre les frères Barakzaï. Ainsi, tandis qu’il avait fait de Kaboul sa capitale, son frère Pur Dil Khan conserva sous son autorité la ville de Kandahâr et à la mort de ce dernier en 1830, son autre frère Kuhan Dil Khan en pris possession.








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