L’occupation de l’Afghanistan via le diktat de gandamak


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© Photothèque personnelle

Négociations anglo-afghane à Gandamak (Mai 1879). De droite à gauche : Habibullah Mostafi, général Daoud Shah Khan, émir Yakoub Khan, major Cavagnari, et l’officier Jenkins.

La tournure des évènements était favorable aux Anglais. Après les victoires militaires de Peiwar Kotal et d’Ali Masjid, ils avaient pu occuper une large partie de l’Afghanistan et le nouvel émir, au cours de futurs pourparlers serait inévitablement dans une position de faiblesse par rapport aux nouveaux occupants. La rencontre entre les forces anglaises et l’émir Yakoub Khan eut lieu à Gandamak, où, de suite, des négociations furent ouvertes entre lui et le Major Cavagnari, diplomate en chef du quartier général anglais. Les Anglais, conscients de leur supériorité militaire, décidèrent de revoir leurs ambitions stratégiques dans la région à la hausse.

Non seulement, désiraient-ils faire accepter à l’émir l’installation de missions diplomatiques anglaises à Kandahar et Kaboul, ainsi que la cession aux diplomates anglais de la politique étrangère afghane, mais ils exigeaient en outre la cession à l’Inde anglaise des territoires voisins des passes de Bolan et de Khyber. Les négociations se conclurent, le 26 Mai 1879, par la signature d’un traité, qui officialisa les demandes anglaises, en échange Yakoub Khan fut officiellement reconnu en tant que nouvelle émir. Ce dernier, en fait, fut contraint de signer sous la menace anglaise afin d’éviter l’occupation ou encore pire l’annexion d’autres parties du territoire afghan. Les Anglais, en retour, devaient assurer la protection de l’intégrité du territoire afghan. Cet accord transforma l’Afghanistan en véritable protectorat de la couronne britannique. Un élément important à noter et que les Anglais facilitèrent le retour d’Inde du beau père de l’émir Yakoub, Sardar Yahya Khan (arrière grand père de Zahir Shah) qui s’était exilé la-bas après la mise à l’écart de Yakoub par l’émir Sher Ali en 1870. Sardar Yahya Khan fut alors nommé gouverneur de Kaboul.

Yakoub Khan et les membres de son entourage préférèrent privilégier leurs intérêts plutôt que le bien de leur pays, ce qui ne leur fut jamais pardonné par les Afghans.

Les plans anglais semblaient se dérouler à merveille. En la personne de Yakoub Khan, ils semblaient avoir mis la main sur le candidat idéal pour mettre en application la première éventualité de leur stratégie qui consistait à s’accaparer la tutelle de la politique étrangère afghane, excluant ainsi à jamais les Russes du jeu.

Mais les Britanniques, trop sûrs d’eux-mêmes, avaient visiblement oublié le fonctionnement complexe du pouvoir en Afghanistan. Par ces prétentions, qui semblaient sensées sur un plan tactique, les Anglais minaient déjà le pouvoir du nouvel émir, qui allait maintenant apparaître aux yeux de ses sujets comme « l’homme à la solde des infidèles ».








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