Une politique intérieure incertaine
Sur le plan intérieur, l’émir Sher Ali, dépressif et facilement influençable, délaissa le prince Yaqub Khan afin de privilégier un autre de ses fils qui n’était encore qu’un enfant, le jeune Abdullah Jan. Ce dernier, dont la mère Aisha Begum était la compagne préférée du roi, fut élevé au rang de prince héritier. Préférant faire plaisir à sa femme plutôt que privilégier les intérêts du pays, Sher Ali s’aliéna par la même occasion le soutien de ces fils et notamment du plus vaillant, Mohammad Yaqub Khan, l’homme qui avait défait Azam Khan et permit le retour au pouvoir de son père.
En 1870, Yaqub, en conflit ouvert avec son père, s’enfuit de Kaboul et prit le contrôle de la ville d’Hérät, mais peu après, pris de remords, il revint à la capitale dans le but de demander pardon, ayant auparavant laissé la garde de la ville d’Hérât à son frère Ayoub Khan. Sher Ali Khan, au lieu d’accepter les excuses de la personne qui lui avait permis de remonter sur le trône, préféra le faire enfermer dans les geôles de la citadelle de Bala Hissar. Cet décision cruel poussa Ayoub Khan, son autre fils, a entrer à son tour en rébellion. Des troupes furent aussitôt envoyées de Kaboul afin de rétablir l’autorité de l’émir sur Hérât. Ayoub Khan fut défait et dut alors s’exiler en Perse.


