La ré-incorporation de la ville d’Hérât à l’Afghanistan


La réincorporation de la ville d’Hérât à l’Afghanistan

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© Photothèque personnelle

Panorama de la ville d’Hérât, enjeu d’une lutte entre les Afghans et les Iraniens

Après le retrait d’Hérât par ses soldats, le Shah d’Iran ne voulut pas en rester là. Pour préserver son influence dans la région, il favorisa l’installation en Juillet 1857 du propre neveu et beau-fils de Dost Mohammad Khan, Sultan Ahmad Khan, en tant que souverain de l’émirat indépendant d’Hérât. Ce dernier après avoir été contraint de quitter Kaboul par l’émir, s’était réfugié à Kandahâr. En 1855, après la prise de cette ville par le souverain de Kaboul, il partit en exil en Iran.

Là-bas il fut élevé au rang de « Sarkar-i Wala » par Nasir ud-din Shah, qui avaient des projets pour lui, notamment celui de maintenir la ville d’Hérât indépendante afin d’éviter qu’elle soit réintégrée à la couronne afghane.

Les Anglais avaient un sentiment mitigé quant à cette accession au pouvoir. En effet, initialement ces derniers désiraient fortement que la ville du Khorasan reste indépendante permettant ainsi d’éviter que les rois afghans ne deviennent trop puissants. Mais à leurs yeux Sultan Ahmad Khan était compromis par le fait qu’il avait activement participé, au côté de Mohammad Akbar Khan, à l’expulsion des forces d’occupation anglaises au cours de la Première Guerre anglo-afghane. Pour l’instant les Anglais privilégièrent quand même la voie diplomatique et ils envoyèrent ainsi des émissaires auprès de l’émir d’Hérât. Dost Mohammad dut quant à lui prendre son mal en patience et il préféra alors tourner son attention vers les territoires du Nord.

Mais la situation fut bouleversée lorsqu’en 1861 Sultan Ahmad Khan lança une offensive victorieuse sur la ville de Farah. Il visait maintenant Kandahâr avec l’arrière pensée qu’une fois cette ville prise, il lui serait aisé de renverser Dost Mohammad.

N’étant plus retenu par la bride anglaise, Dost Mohammad s’empressa d’envoyer 16 000 soldats afin de contrer l’avancée de son neveu. Non seulement il parvint à reconquérir les territoires perdus, mais très vite il réussit à encercler les troupes de Sultan Ahmad Khan, qui s’étaient réfugiées dans l’enceinte de la ville d’Hêrat. C’est ainsi que le siège de cette cité commença en Août 1862. Les mois passèrent mais les assiégés réussirent à tenir tête au troupes de Dost Mohammad.

En Janvier 1863, la femme de Sultan Ahmad Khan, qui n’était autre que la propre fille de Dost Mohammad, mourut de maladie. Une trêve fut conclue pour permettre de célébrer les funérailles de la défunte, qui eurent lieu dans le sanctuaire de Gazargah. Les fils de l’émir participèrent à la cérémonie, mais pas leur père. Quelques mois plus tard, ce fut au tour de Sultan Ahmad Khan lui-même de succomber. A sa mort, une lutte de succession éclata entre ses fils Shah Nawaz Khan et Abdu’llah Jan. Profitant de ces troubles, Dost Mohammad réussit finalement à prendre possession d’Hérât en Juin 1863. Il mourut peu de temps après sa dernière conquête.

L’émir Dost Mohammad, génie politique et militaire, fut donc l’homme qui imposa la dynastie des Barakzaï au pouvoir en Afghanistan (branche des Mohammadzaï) en posant les bases de la consolidation intérieure afghane. Il a joué un rôle clef dans l’histoire de son pays, en l’empêchant de se désagréger. Il tint pour cela à distance les puissances frontalières, bien décidées à s’approprier le territoire afghan. Sous son règne, les grandes lignes géographiques de l’Afghanistan moderne furent définies. Plus que tout autre, il mérite le titre de fondateur de l’Afghanistan. Avant de mourir, il désigna son cinquième fils, Sher Ali Khan, comme successeur, passant outre le prince aîné Afzal Khan.








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