Afghanistan – Drogue

La récolte du pavot, opportunité économique pour des travailleurs migrants

Bassirat.net

vendredi 18 avril 2008

La culture du pavot n’est pas seulement une culture de subsistance pour la majorité des petits paysans qui s’y livrent. Elle constitue également une opportunité économique pour des journaliers qui parcourent plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre les champs au moment de la récolte.

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Champ de pavot
Crédits : Ash. Sweeting

La récolte des champs de pavot bat son plein dans la province méridionale de Helmand. Dans les champs, des centaines de mains incisent, à l’aide d’une lame, le péricarpe du bulbe de la plante débarrassée de ses pétales. Un liquide blanc laiteux s’écoule du péricarpe. Après avoir séché en une résine brune, il sera raclé à l’aide d’une lame incurvée. Ces étapes nécessitent une main-d’œuvre abondante qui provient des provinces afghanes voisines, mais aussi du Pakistan, d’autant plus que la surface dédiée au pavot est en constante progression (102 000 hectares dans la province de Helmand en 2007).

En provenance des provinces de Wardak, Ghazni, Zâbol, Laghman et Ourouzgân notamment, des centaines de travailleurs migrants se sont rassemblés à Lashkar Gah, chef-lieu de la province de Helmand, où ils ont retrouvé de nombreux cultivateurs venus des quatre coins de la province à la recherche de manouvriers. Ces scènes sont identiques dans la région de Hadda, dans la province voisine de Kandahâr.

L’économie du pavot représente pour ces migrants la seule opportunité économique. « Nous n’avons pas d’opportunités de travail dans la province de Ghazni », raconte l’un d’eux, Shah Alam. « Je me rends chaque année dans la province de Helmand durant la récolte », ajoute-t-il tout en précisant que son trajet jusqu’à Lashkar Gah a été semé d’embûches. En effet, il a dû donner un pot-de-vin de cent afghanis à des policiers qui l’avaient arrêté.

Mohammad Essa arrive de la ville de Quetta, capitale de la province pakistanaise du Baloutchistan. Selon lui, la récolte du pavot est une opportunité pour les pauvres. « Nous gagnons plus en quinze jours que dure la récolte qu’en six mois », affirme-t-il.

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Parachutistes amércaines détruisant un champ de pavot dans la province de Khôst
Photo prise le 16 avril 2008. Crédits : AP Photo/Rafiq Maqboo

L’administration américaine milite pour l’éradication des champs de pavot par épandage et pousse le gouvernement afghan a concentrer ses efforts sur la destruction des champs tout en promettant la mise en place de cultures alternatives.

Pour certains experts [1], cette politique pousse les paysans qui ne cultivent le pavot que pour survivre dans les bras des taliban et provoque des troubles. Au cours des dernières semaines, plusieurs incidents liés à l’éradication du pavot ont été signalés.

Fin mars, une patrouille d’une unité antidrogue chargée de l’éradication de champs de pavot a été attaquée dans le district de Khash Rod, situé dans la province de Nimrouz. Dans les combats qui ont suivi, dix militants et deux policiers ont été tués. Le 7 avril, le chef de la police de Kandahâr, Sayyid Agha Saqib, annonçait la mort de quatre policiers chargés de l’éradication du pavot dans le district de Maiwand.

Avec Pajhwok

[1] Lire notamment le rapport (en anglais) de Barnett R. Rubin et Jake Sherman. http://www.cic.nyu.edu/afghanistan/docs/counternarcoticsfinal.pdf








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