Les Anglais en route vers un terrible destin
Malheureusement pour les Anglais, ils n’eurent pas la patience d’attendre la constitution d’une force d’escorte par les troupes d’Akbar Khan. En outre, les chefs de la tribu des Ghilzaï n’avaient pas participé aux négociations. Ces derniers étaient bien décidés à se venger de la répression meurtrière dont ils avaient été victime au cours de l’occupation anglaise. C’est dans ces conditions que, défaits, les soldats anglais commencèrent à préparer leur départ. La garnison britannique la plus proche se trouvait à Jalalabad, sous le commandement du général Sale, et tous savaient que c’était leur dernier espoir.

La légende veut que Lord Brydon, chirurgien de l’armée anglaise, soit l’unique survivant ayant réussi à atteindre le cantonemment britannique de Jalalabad
Ils partirent donc le 6 Janvier 1842 vers la plus terrible retraite militaire de l’histoire britannique. Les exactions commises par les Anglais au cours de leur avancée n’ayant pas été oubliées, chacun, du plus humble paysan au plus grand chef de tribu, voulait punir les Anglais pour les humiliations que ces derniers leur avaient fait subir du temps de leur splendeur. C’est dans ce contexte qu’une colonne comprenant 4500 soldats et 12000 suiveurs quitta le cantonnement et se dirigea vers Jalalabad, ville vers laquelle tous les yeux des colonialistes anglais étaient tournés. Le relief de l’Afghanistan étant très accidenté, ils durent rapidement abandonner une grande partie de leurs bagages.
Le climat de cet hiver 1842 fut lui aussi particulièrement rude, causant de nombreuses victimes dans les rangs des troupes vaincues. Parallèlement aux difficultés dues au climat et aux reliefs, la colonne fut aussi la cible de cavaliers afghans, appartenant pour la plupart à la tribu des Ghilzaï.
Au second jour de la retraite, un obstacle de taille apparut : la passe de Khoord Kaboul qui s’étend sur plus de 5 kilomètres de long. Une fois de plus, les Britanniques furent la cible des snipers et de cavaliers avides de revanche. Au moins 3000 victimes furent à dénombrer dans leur rang. C’est alors qu’Akbar Khan intervint à nouveau. Il tenta une énième fois de calmer la rancœur des guerriers afghans. Devant, l’impossibilité de la tache, il prit sous sa protection un groupe de femmes et d’enfants, ainsi que quelques officiers anglais dont Elphinstone. Le reste du convoi continua son chemin. Une dernière attaque eut lieu à Gandamak en raison du refus des troupes anglaises de poser leurs armes à terre. La légende veut que seul le docteur Brydon, un chirurgien de l’armée de l’Indus, ait réussi à atteindre Jalalabad. Mais en réalité, dans les jours qui suivirent, d’autres soldats atteignirent cette ville.


