Croissance économique
Si l’on exclut la drogue du calcul, le PNB a progressé de 6,1 % au cours de l’année 2006/2007 (en Afghanistan, l’année civile commence le 21 mars et se termine le 20 mars de l’année suivante). Le PNB devrait progresser de 13,1 % en 2007/2008 grâce au rebond de la production agricole affectée cette année par la sécheresse et à la bonne santé du secteur de la construction.
L’inflation a atteint 5,1 % en 2006/2007. Elle sera à deux chiffres pour l’exercice 2007/2008 en raison de l’envolée des prix du pétrole et des denrées alimentaires.
Politique fiscale
Dans sa construction budgétaire, le gouvernement afghan dépend encore largement de l’aide internationale qui représente les deux tiers du produit national brut (PNB). Cependant, les revenus générés par les taxes ont en progression. Sur la période 2003/2004, ils représentaient 4,7 % du PNB. Ils devraient s’établir à 8,2 % pour la période 2007/2008 grâce aux réformes initiées au cours des dernières années (établissement d’un cadre légal, notamment dans le domaine des douanes, et institution d’une autorité fiscale).
Même si le déficit budgétaire tend à diminuer, les finances publiques restent fragiles d’autant plus que les postes budgétaires les plus consommateurs de crédits – le développement et la sécurité – ne sont pas financés par le gouvernement afghan sur ses fonds propres, mais par l’aide internationale. On peut se demander comment Kaboul financera son modèle d’armée (70 000 hommes et du matériel moderne) lorsque l’aide internationale se tarira.
Impact de la détérioration de la situation sécuritaire
Le rapport du FMI souligne que les investissements directs étrangers (IDE) n’ont pas atteint les niveaux espérés en raison de la dégradation continue de la situation sécuritaire. Néanmoins, ils ne se sont pas effondrés. « Une meilleure situation sécuritaire conduira à plus d’investissements », a déclaré le chef de la mission du FMI en Afghanistan, Mohamad Elhage. Toutefois, « nous ne voyons pas de déclin des investissements privés. Ce que nous observons, ce sont des opportunités perdues. Si la situation sécuritaire s’améliorait, on pourrait s’attendre à des investissements plus élevés qu’aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Les secteurs des télécoms et de l’extraction minière ont attiré en 2007 des investisseurs étrangers, majoritairement chinois et moyen-orientaux. Le plus gros contrat a été signé en novembre dernier. Il porte sur l’exploitation de la mine de cuivre d’Aynak, dans la province du Logar, par deux compagnies chinoises. Ce projet, qui devrait déboucher sur la création de 10 000 emplois, générera des recettes de l’ordre de 400 millions de dollars par an pour le gouvernement afghan.
Les violences ont également un impact direct sur le budget, plus d’argent étant consacré à la sécurité au détriment de la reconstruction du pays et de son développement.
Corruption
Selon l’Ong Transparency International, l’Afghanistan est considéré comme l’un des pays les plus corrompus de la planète. Ainsi, la majeure partie de l’aide internationale est confiée à des Ong. Le FMI milite pour qu’une plus grande partie de l’aide soit distribuée par le gouvernement afghan à condition qu’il renforce ses capacités afin de pouvoir absorber et ventiler efficacement ces flux financiers.
La corruption, souligne le FMI, ralentit la privatisation des entreprises publiques aujourd’hui moribondes par manque d’investissements. Mohammad Elhage, a appelé les bailleurs de fonds à ne plus investir dans la compagnie nationale d’électricité en raison de problèmes de corruption.
Avec FMI




