Selon un décompte partiel, le MQM sera représenté par 19 députés à l’assemblée nationale. Avec 38 députés qui siègeront à l’assemblée de la province du Sindh, il arrive en deuxième position, devancé par le parti rival, le parti du peuple pakistanais (PPP) de feu Benazir Bhutto, crédité de 64 représentants. Peu ou prou, le MQM maintient ses positions par rapport au scrutin de 2002. En revanche, la défaite du PML-Q, aussi bien lors du scrutin national que lors des scrutins provinciaux, empêche le maintien de l’alliance qui avait été conclue en 2002.
Fort de ce constat, le leader du MQM, Altaf Hussain, est prêt à s’allier avec le PPP. « Nous allons proposer une coalition à Zardazi (le chef du PPP) », a déclaré Mohammad Farouq Sattar, dirigeant du MQM. « Je pense que Zardari a également fait cette offre à M. Altaf Hussain », a-t-il ajouté. Le MQM a participé à quatre des cinq derniers gouvernements.
Une alliance avec la Ligue musulmane pakistanaise de Nawaz Sharif, parti avec lequel le MQM a partagé le pouvoir à deux reprises, semble plus difficile. « Même une pilule amère peu être avalée, je ne l’écarte pas », a concédé M. Sattar. « Il n’y a pas de point final en politique », a-t-il ajouté. Le MQM a été associé au pouvoir entre 1997 et 1999 lorsque Nawaz Sharif était premier ministre. Mais, en désaccord avec la politique gouvernementale, le parti des mohajirs avait préféré quitter le gouvernement.
Au-delà de ces tensions passées, le MQM et la PML-N ne sont pas sur la même longueur d’onde au sujet du devenir politique du président Moucharraf. Alors que le parti de M. Sharif milite pour la destitution de Pervez Moucharraf, le MQM est favorable à une approche plus en douceur. Si la nouvelle majorité peut « travailler (avec Moucharraf) pendant deux ans et si à ce moment là on peut lui offrir honorable, je pense qu’il s’agirait du meilleur pari pour le futur du Pakistan », a estimé M. Sattar.
Le Muttahida Qaumi Movement, qui aspire à devenir un parti d’envergure nationale, est marquée par une histoire violente. En mai dernier, ses partisans ont été à l’origine de violences qui ont fait une quarantaine de morts à Karachi. Accusé d’enlèvement et de torture, Altaf Hussain a quitté le Pakistan au début des années 1990 pour Londres.
Avec Reuters et Dawn

