Le PDPA et Daoud


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Mohammad Daoud

Le coup d’État de 1973

L’échec de la stratégie de Karmal, stigmatisé par de piètres résultats aux élections de 1969 et par l’interdiction du journal Parcham, obligea la faction dissidente du PDPA à mettre ses activités en sommeil. Toutefois, débuta à cette date une collaboration secrète avec Mohammad Daoud, le cousin du roi évincé en 1964. Désireux de revenir au pouvoir, celui-ci ne pouvait l’envisager, en raison des dispositions de la constitution de 1964 interdisant à un membre de la famille royale d’occuper des postes gouvernementaux, que par le biais d’un coup d’État. Il dressa aussi un bilan de son action politique au cours de réunions auxquelles participaient des parchamis, et de jeunes officiers formés en URSS.

L’option d’un coup d’État mené par Daoud sembla recueillir l’assentiment du Parcham. En effet, il n’avait pas à se présenter devant les électeurs, ce qui n’était pas négligeable après le revers des élections de 1969. En outre, la figure de Daoud permettait de mettre en avant un personnage qui ne pouvait être soupçonné de communisme. Le 17 juillet 1973, Daoud renversa Zaher Shah alors en voyage en Italie. Il bénéficia de l’aide du ministre de l’Intérieur, Nehmatullah Pazhwak, et d’autres sympathisants ou membres du Parcham. Le jour même du coup d’État, le Parcham ouvrit son quartier général dans l’hôtel Spinzar alors que les autres formations ou groupuscules politiques restèrent très discrets. Karmal prit le pari que Daoud devrait s’appuyer sur le Parcham pour diriger le pays.

Pari gagnant puisque Daoud composa près de la moitié de son Cabinet avec des partisans du Parcham. De plus, son garde du corps, Zia Mohammadzaï Zia, était lui-même un membre de la faction dirigée par Babrak Karmal. Daoud suivit une politique conforme aux idées du Parcham. Il abrogea la constitution et dissout le Parlement. En outre, il renforça le contrôle de l’État sur le commerce et l’industrie. Toutefois, il comprit rapidement le danger auquel il n’allait pas manquer de faire face. Ainsi, il décida de ne plus soutenir ouvertement les mouvements sécessionnistes pachtounes et baloutchtes. Il s’employa ainsi à améliorer les relations afghano-pakistanaises. De même, il rompit un autre fondement de sa politique étrangère dans les années 50-60 en se rapprochant de Téhéran. Dès 1974, il accepta une aide financière d’un montant d’un milliard de $. Elle devait atteindre 2 milliards de $, mais elle ne fut jamais matérialisée pour des raisons obscures.

Daoud tenta donc de diversifier les sources d’aide au développement afin de rompre la dépendance dans laquelle Kaboul se trouvait vis-à-vis de Moscou. Il décida par exemple de renvoyer, en septembre 1974, quarante instructeurs soviétiques. Il décida aussi d’envoyer des officiers en formation en Inde et en Égypte. Daoud tenta donc de s’éloigner de Moscou en se rapprochant des alliés régionaux des Etats-Unis (Pakistan, Inde). Ce revirement à 180 degrés de Daoud ne pouvait qu’inquiéter l’Union soviétique, et pousser Moscou à préparer la prise du pouvoir des communistes afghans par la force. Or, les deux factions du PDPA étaient toujours dans une logique d’affrontement et de rivalité.

Néanmoins, les années 1973-1975 avaient changé la donne entre les deux factions. En effet, le Parcham, comme dans les années 68-69, se retrouva pris au piège de l’exercice du pouvoir. Il partageait les erreurs et les échecs du gouvernement Daoud alors que le Khalq pouvait les utiliser pour recruter et dénigrer son adversaire. En outre, le Parcham perdit une partie de son influence au sein de l’armée en raison du départ de ses représentants les plus importants qui acceptèrent des portefeuilles ministériels (Pacha Gôl Wafadar, Abdoul Hamid Mohtat, Abdoul Qadir).

Le Khalq n’était pas soumis aux mêmes contraintes. Il mena ainsi une intense campagne de recrutement, notamment dans l’armée grâce à l’aide du GRU, le service de renseignement de l’armée rouge. Amin fut chargé de cette tâche dans le but de s’emparer du pouvoir par la force. Au moment de la réconciliation, le Khalq avait deux à trois fois plus de sympathisants que le Parcham.

Le Parcham et le Khalq se réconcilient

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Anahita Ratebzad

Peu après le coup d’État de 1973, Taraki prôna la fin de la scission entre les deux factions du PDPA dans le but de trouver une place à la table du pouvoir. Il ne fut pas entendu.

Cependant, à l’instigation de Moscou, en juillet et août 1975, Parchamis et Khalqis se retrouvèrent et préparèrent le terrain à une réunification. Mais, le Parcham fit étalage des négociations, violant ainsi un accord passé afin de garder secret les discussions jusqu’à leur conclusion. Furieux, les khalqis rompirent le dialogue.

Toutefois, une initiative de Daoud allait rapprocher les deux tendances. En 1976, Daoud inaugura une commission spéciale chargée de préparer un projet de constitution. En janvier 1977, il convoqua une Loya Jirga qui, après deux semaines de débats et trente quatre amendements et six nouveaux articles, adopta une nouvelle constitution. Or, les mouvements de gauche, et plus particulièrement le Parcham, n’étaient pas représentés à la Loya Jirga, et ne furent donc das l’incapacité de peser sur ses orientations.

Un parlement unicaméral (Meli Jirga) fut créé. Ses membres, élus pour quatre ans, étaient chargés du travail législatif. La Loya Jirga était placée au rang d’ultime organe de décision chargé de déterminer sa taille et le mode d’élection de ses membres. Convoquée pour statuer sur les problèmes importants, elle dota Daoud d’un mandat de 6 ans. Celui-ci appela de ses vœux la création d’un parti révolutionnaire national rassemblant tous les partis. Le Khalq rejeta cet appel, tout comme le Parcham. Les deux factions rivales venaient de se trouver une cause commune.

La réconciliation fut aussi aidée par des partis communistes étrangers. Ainsi, en mai 1976, le parti communiste indien (considéré comme proche du Parcham) publia, dans sa revue officielle, un article relatant pour la première fois la scission qui avait agité le PDPA dix ans plus tôt. Dans cet article, le PCI appela les deux factions à unir leurs efforts. Un mois plus tard, le parti communiste irakien (proche du Khalq) repris l’appel du parti communiste indien. Un peu plus tard, le parti communiste australien fit de même. Cette série d’articles eut un impact important car peu de gens, même dans la mouvance communiste, avaient eu, en dehors de l’Afghanistan, connaissance de la scission du PDPA.

Le 3 juillet 1977, le PDPA avait retrouvé son unité. Néanmoins, tout n’avait pas été réglé. De nombreux points de désaccord persistaient. Le plus important d’entre eux était le contrôle des réseaux communistes au sein de l’armée. Si tous les postes du PDPA devaient être répartis équitablement entre khalqis et parchamis, Amin refusa d’abandonner sa chasse gardée. En effet, le Khalq avait, dans ce domaine hautement stratégique, une longueur d’avance sur le Parcham. Un compromis fut trouvé. Les khalqis acceptèrent l’arrivée au sein du comité central de deux proches de Karmal (Anahita Ratebzad et Mir Akhbar Khaybar) en échange de l’abandon des prétentions des parchamis sur le contrôle des réseaux militaires.








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