La société Gazprom s’est engagée à payer 130 dollars les 1 000 m3 dès 2008. Pour 2009, le prix a été établi à 150 dollars les 1 000 m3. Selon les termes du précédent accord tarifaire qui couvrait la période 2007-2009, le Turkménistan s’était engagé à exporter vers la Russie 50 milliards de m3 de gaz à 100 dollars les 1 000 m3. Le contrat d’approvisionnement court, quant à lui, jusqu’en 2028.
Pour Gazprom, qui a besoin du gaz turkmène pour respecter ses contrats de livraison avec l’Europe, l’augmentation des prix du gaz turkmène de 30 % en 2008 ne constitue par un problème insurmontable puisqu’il revend ce gaz autour de 200 dollars les 1 000 m3.
En revanche, l’accord entre Gazprom et le Turkménistan signifie la fin des espoirs pakistanais et afghans de lancer la construction du gazoduc transafghan. Long de 1 700 kilomètres, il devait, dans un premier temps, alimenter en gaz turkmène le marché pakistanais via l’Afghanistan. D’une capacité de 30 milliards de mètres cubes par an, son coût est estimé à environ 4 milliards de $, et les recettes pour Kaboul à 150 millions de $ par an. L’inde devait rejoindre le projet.
En 2006, le Turkménistan a produit 60 milliards de m3 de gaz naturel et exporté environ 45 milliards. La production actuelle de gaz naturel turkmène ne permet pas d’alimenter autant de gazoducs.
Dans un contexte marqué par la rareté des hydrocarbures, le marché pakistanais ne semble pas constituer pour les dirigeants turkmènes une alternative intéressante d’autant plus qu’ils sont courtisés par l’Europe, les États-Unis et la Chine.
En effet, l’Union européenne, par l’intermédiaire de la Commission, a annoncé qu’elle était prête à payer le gaz turkmène au prix du marché, si celui-ci lui était livré directement. Ce projet est soutenu par Washington qui y voit une bonne occasion de contourner la Russie en favorisant la construction d’un gazoduc reliant le Turkménistan au marché européen via la Turquie, sur le modèle de l’oléoduc reliant Bakou au port turc de Ceyhan via la Géorgie.
Avec la Chine, le Turkménistan a dépassé le stade du projet. D’ici à 2009, un gazoduc d’une capacité annuelle d’exportation de 30 milliards de m3 reliera les deux pays.
Avec Dawn

