Ces chiffres montrent que le parti de Nawaz Sharif a su remobiliser ses troupes à la faveur des troubles que connaît le Pakistan et du discrédit dont souffre son président, Pervez Moucharraf. En effet, lorsque le général Moucharraf a renversé Nawaz Sharif, alors Premier ministre, l’électorat de M. Sharif avait, eu mieux, fait preuve d’apathie à l’annonce du coup d’État.
Mardi, lors de son premier discours postélectoral, Nawaz Sharif a annoncé qu’il était prêt à travailler avec « d’autres partis » pour « débarrasser à jamais le Pakistan de la dictature ». « Nous travaillerons avec toutes les forces démocratiques, toutes celles qui sont sorties victorieuses (du scrutin) », a dit M. Sharif lors d’une conférence de presse à Lahore. « Je les invite toutes à nous asseoir ensemble pour débarrasser à jamais le Pakistan de la dictature », a-t-il ajouté.
Depuis son retour d’exil, Nawaz Sharif a mené une campagne active sur le thème de la destitution du président Moucharraf et de l’instauration d’un État de droit et d’une justice indépendante. Cela passe notamment par la réinstallation des juges limogés par Pervez Moucharraf pour empêcher la Cour suprême de déclaré anticonstitutionnelle sa réélection, le 6 octobre dernier, à la présidence du Pakistan par l’assemblée nationale sortante.
Toutefois, face à l’attitude plus conciliante du parti du peuple pakistanais, l’autre grand vainqueur du scrutin, vis-à-vis du président Moucharraf et de la légitimité de son mandat actuel, il est possible que Nawaz Sharif soit amené à modérer ses positions. Un tel compromis aurait au moins le mérite de mettre sur pied une coalition viable.
Avec AFP et Dawn

