Lors d’une conférence de presse, Abdoul Jabar Sabit a dénoncé une décision « contraire à la Constitution ». « Le président affirme que j’ai démissionné. C’est faux, il m’a renvoyé », a-t-il dit.
Selon lui, la Constitution oblige un officiel qui se déclare à la présidence de quitter son poste 45 jours avant le scrutin. En, l’article 13 de la loi électorale stipule que certains hauts fonctionnaires, dont le Procureur général, ne peuvent pas se présenter devant les électeurs sans avoir quitté leur poste 75 jours avant la date du scrutin.
Pour sa part, la présidence a expliqué dans un communiqué que la déclaration de candidature de Sabit équivalait à une démission, car le Procureur général se devait d’être « impartial et libre de toute attache politique ». « En conséquence, l’annonce de sa candidature équivaut à une démission et nous l’acceptons », a écrit M. Karzaï.
Juriste formé aux Etats-Unis, Abdoul Jabar Sabit, est originaire de la province orientale du Nangarhâr. Il est rentré d’exil en 2002. Nommé Procureur général, il avait fait de la lutte contre la corruption, aussi bien au sein de l’administration centrale que dans les provinces, et contre l’impunité dont jouissent les seigneurs de la guerre, son cheval de bataille.
L’importante couverture médiatique qui a entouré ses actions (notamment les descentes dans les bordels et les restaurants qui vendaient de l’alcool à Kaboul) ne doit pas masquer le fait que la corruption reste endémique et que les chefs de guerre demeurent impunis.
Avec Reuters et AP


