Le prince Abdul Rahman Khan en exil : 1869-1880


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Après la défaite contre Sher Ali Khan, la route de Balkh avait été rendue impraticable par la neige. Cet imprévu obligea Abdul Rahman Khan et son oncle Azam Khan à se replier vers l’Ouest et à prendre la direction du pays des Wasiri, contrée reculée et sauvage. Ils errèrent au Waziristân quelque temps, puis de là, ils traversèrent la frontière et entrèrent en territoire iranien. Au cours de ce périple, ils furent suivis par leurs derniers partisans, fidèles parmi les fidèles. Une fois à Meshed, ils furent reçues chaleureusement par le représentant local du Shah D’Iran. Peu après leur arrivée, Azam Khan tomba malade et mourut.

Abdul Rahman Khan, quant à lui, fut convié par l’empereur d’Iran à Téhéran. Mais le jeune prince refusa poliment et continua sa route vers le Nord. Il atteint la ville de Khiva puis traversa l’Amou Daria pour se rendre à Bokhara. Une fois sur place, l’administrateur russe de la région entra très vite en contact avec lui et le présenta peu après au gouverneur du Turkestan russe, le vice-roi Von Kaufmann, la rencontre eut lieu à Tachkent.

Il lui fut un temps proposer de se rendre à Saint Petersbourg afin de rencontre le Tsar de Russie, mais à nouveau il refusa l’invitation, prétextant qu’il n’était qu’un simple réfugié. Restant en bon terme avec ses hôtes, une pension ainsi qu’une grande demeure lui furent alors attribuées dans la ville de son choix : Samarkand. Pendant ces onze années d’exil, Abdul Rahman profita de son temps libre afin de s’adonner à la chasse et aux sports équestres. Un seul point noir subsista quand même, sa femme et son fils étaient restés en Afghanistan sous surveillance rapprochée de Sher Ali Khan.

Quelques temps plus tard, il se maria avec la fille du mir (titre de noblesse d’origine turque) du Badakhshan. Officiellement, il eut de cette femme les princes Habibullah Khan ainsi que Nasrullah Khan, qui seront appelés plus tard à jouer un rôle important dans l’histoire afghane. Mais en réalité, la vrai mère de ses enfants fut une de ses servantes Asal Begum, originaire du Wakhan.

Les pourparlers russo-afghans.

Les Russes n’avaient pas accordé asile sans arrière-pensée au jeune Abdul Rahman Khan. En effet, leur but était de pouvoir faire pression sur l’émir Sher Ali. Si le souverain afghan se montrait trop pro-anglais, les Russes pouvaient le menacer d’apporter leur soutien aux prétentions sur le trône d’Afghanistan de leur protégé.

C’est ainsi qu’au fur et à mesure que l’amitié entre les Russes et Sher Ali s’amplifiait (les Anglais n’ayant pas tenu leurs promesses vis-à-vis du souverain afghan, cf LE SECOND RÈGNE DE L’ÉMIR SHER ALI KHAN - L’AFGHANISTAN SOUS LA MENACE DE L’ANGLETERRE ET DE LA RUSSIE), au contraire celle liant Abdul Rahman Khan et ses protecteurs déclinait.

Mais cette situation fut bouleversée par l’invasion anglaise de l’Afghanistan (cf. La Seconde Guerre anglo-afghane) et la déchéance de Sher Ali qui en suivit. En effet l’impossibilité pour le successeur de Sher Ali, Yakoub Khan, de maintenir sous contrôle les tribus indisciplinées, puis quelques temps plus tard, l’assassinat du diplomate anglais Cavagnari conduisirent le souverain afghan à abdiquer. Il fut envoyé en exil en Inde par les Anglais. Le trône afghan étant libre, le prince Abdul Rahman pouvait maintenant à juste titre nourrir l’espoir de se l’approprier.








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