Le règne de l’émir Mohammad Azam Khan


Emir Mohammad Azam Khan, Amir Al-Mumenin (règne 1867-1868)

A la fin de l’année 1867, l’émir Afzal Khan mourut. Au terme de ses funérailles, son frère Azam Khan adressa un courrier au jeune prince Abdul Rahman : « Etant le fils aîné de l’émir Afzal Khan, vous êtes son successeur naturel, et moi je suis dorénavant votre serviteur ». A quoi l’intéressé répondit : « Mon oncle, votre barbe blanche fait que vous ne pouvez être le serviteur de quiconque. Je suis jeune et de ce fait je vous servirai de la même façon que j’ai servi mon père. » Abdul Rahman Khan, avait nourrit pendant un moment l’espoir d’être accepté comme nouvel émir, ayant fait preuve de son courage en arrachant Kaboul et Kandahâr des mains de l’ancien émir. Mais étant trop jeune, il jugea opportun de laisser le trône vacant à son oncle Azam Khan. Le nouvel émir Azam Khan savait pertinemment que tant qu’Abdul Rahman resterait à Kaboul son pouvoir serait fortement limité. Pour cette raison, il prétexta du manque d’ordre dans la province de Balkh pour donner à son neveu la mission de la sécuriser. Abdul Rahman eut beau prétexté que sa présence était nécessaire à Kaboul pour empêcher toute tentative de rébellion de la part des fidèles de Sher Ali, son oncle ne voulut rien entendre. La mort dans l’âme le prince Abdul Rahman se rendit au Nord du pays, il fut aussitôt remplacé dans ses fonctions par le fils aîné d’Azam Khan. Peu après, afin de surveiller Abdul Rahman, Azam Khan envoya au-près de lui Mohammad Ismail Khan, un de ses neveux, fils aîné du défunt Mohammad Amin Khan.

C’est dans ces conditions qu’Abdul Rahman s’employa à sécuriser les provinces du Nord. La tâche fut plus compliquée que prévue car, en son absence, Sher Ali en avait profité pour vendre ces territoires aux différents mirs de Balkh. Ces derniers s’étaient aussitôt employé à piller les habitations des Afghans. Au cours de sa mission, le prince afghan prit successivement le contrôle du Tashkurgan, de Mazar et de Taktapul, pour cela il dut assiéger les citadelles des mirs de ces différentes villes, qui s’enfuirent alors à Bokhara. Au terme de ces campagnes, Abdul Rahman fit à nouveau part à son oncle de ses craintes, en son absence, d’une offensive de Sher Ali sur Kandahâr. A nouveau, l’émir Azam Khan lui refusa la permission de rentrer à Kaboul et lui intima l’ordre de prendre possession de Maïmana. Le jeune prince, la mort dans l’âme, obéit à son oncle et se mit aussitôt en route. Mais comme il fallait s’y attendre, à peine avait il atteint les environs de Maïmana qu’un courrier lui parvint de Kaboul l’informant que le fils de Sher Ali, le prince Mohammad Yaqub Khan (1849-1923), marchait actuellement sur Kandahâr, ayant auparavant pris le contrôle de la ville de Larah. Azam Khan lui demanda alors d’envoyer la moitié de ses hommes à Kaboul, le reste de ses troupes devant poursuivre le siège de Maïmana. Abdul Rahman lui répliqua qu’il l’avait prévenu et que, dans les conditions actuelles, il lui était impossible de se séparer de la moitié de son armée. Il fit ériger alors un camp non loin de la citée et peu après, il reçut une nouvelle lettre lui annonçant la défaite du fils d’Azam Khan, Mohammad Aziz Nadir Khan, le gouverneur de Kandahâr. Yaqub Khan venait en effet de s’emparer de l’ancienne capitale afghane et avait fait enfermé le gouverneur dans les geôles de la citée. Le retour de l’autorité de l’ancien émir, Sher Ali, sur cette ville fut grandement facilité par une rébellion en sa faveur, les soldats et habitants de Kandahâr ayant mal supporté l’autoritarisme d’Azam Khan.

Azam, de son côté, se bornant toujours à refuser que son neveu le rejoigne à Kaboul, lui ordonna à nouveau d’ envoyer la moitié de ses troupes vers la capitale. Abdul Rahman refusa et poursuivit avec succès le siège qu’il avait entamé. En effet, le mir de Maïmana, après quelques atterrements, céda et vint finalement payer tribut au prince Abdul Rahman Khan en Mai 1868. Mais quelques temps plus tard, la défection de Mohammad Ismail Khan, le neveu et homme de main d’Azam Khan, fit basculer la situation. Le traître avait refuser de prendre part à la défense de Kaboul et sa défiance alla même jusqu’à profiter quelques jours plus tard d’un déplacement d’Azam à Ghaznî pour entreprendre le siège de la capitale, épaulé en cela par des sardars du Kohistan. En l’absence de réel résistance, il parvint à investir le palais royal de Kaboul et proclama alors Sher Ali émir. Azam Khan, pris de court, s’enfuit alors via le Hazarajat et rejoint le prince Abdul Rahman Khan au Nord de l’Afghanistan. Les deux hommes préparèrent alors une contre offensive, mais à nouveaux leur deux point de vue s’affrontèrent. Azam Khan désirait reprendre Kaboul le plus rapidement possible afin de ne pas laisser le temps de se préparer à ses ennemis. De l’autre côté, Abdul Rahman Khan aurait préféré attendre le printemps avant de lancer une offensive. Ses hommes ayant été exténués par la campagne contre les mirs du Nord de l’Afghanistan, le jeune prince savait que la rigueur de l’hiver afghan aurait immanquablement causé de nombreuses pertes parmi ses troupes. Comme à son habitude, Azam Khan imposa sa décision et ils prirent donc la direction de Bamiyan, puis de Ghaznî afin d’affronter Sher Ali. Mais cette fois-ci, Sher Ali Khan les prit de court et lança immédiatement une offensive contre eux. Du fait du manque d’entente entre Azam et Abdul Rahman, la coordination entre les différentes composantes de leur armée en souffrit et Sher Ali n’eut cette fois pas de mal à les défaire à Zanah Khan, près de Ghaznî, en Janvier 1969. Il put ainsi devenir à nouveau maître de tout le territoire afghan. Azam Khan et Abdul Rahman s’enfuirent en Perse, via le pays des Waziris. Azam Khan y mourut en Octobre 1869. Quand à Abdul Rahman Khan, il rejoint Samarkand pour 11 ans d’exil.








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