Le second règne de l’émir Dost Mohammad


Emir Dost Mohammad, Amir al-Mumenin, Amir-i-Kabir (2ème règne 1842-1863)

JPEG - 33.2 ko
© Photothèque personnelle

Emir Dost Mohammad, Amir al-Mumenin, Amir-i-Kabir (2nd règne 1843-1863), souverain qui réussit à ré-incorporer les villes de Kandahâr et d’Hérât à l’Afghanistan.

A Kaboul, après plusieurs mois de chaos, Wazir Akbar Khan réussit à sécuriser le pays. Son oncle Kuhn Dil Khan profita du désordre sévissant dans la capitale pour reprendre possession de son fief de Kandahâr. Quelques temps plus tard, en Janvier 1843, Dost Mohammad fut autorisé à rentrer en Afghanistan par les Anglais, soucieux de rétablir un pouvoir fort en Afghanistan. Il dut reconnaître au préalable que les villes de Kandahâr et d’Hérât étaient en dehors de sa sphère d’influence et dut s’engager aussi à ne plus établir dans l’avenir de relations avec les Russes. Il reçut en échange un subside annuel conséquent.

Le renforcement du pouvoir central

Une fois de retour au pouvoir, la première préoccupation de l’émir Dost Mohammad fut d’écarter les chefs de la résistance dont l’aura et le pouvoir apparaissaient trop grands à ses yeux, donc source d’instabilité. Le premier concerné par cette décision a été Aminullah Logari qui fut emprisonné dans les geôles de Kaboul (il restera en prison jusqu’en 1857, année de sa mort). Puis vint le tour de Sardar Sultan Ahmad Khan, le propre neveu de l’émir qui avait été le plus fidèle soutien d’Akbar Khan lors de sa lutte contre les Anglais.

Il fut quant à lui contraint à l’exil vers Kandahâr. Quant au très ambitieux Nawab Zaman Khan, il fut écarté de la vie politique afghane. Dost Mohammad alla même jusqu’à placer son fils Akbar Khan sous surveillance afin de l’empêcher de militer trop ouvertement contre les Anglais et pour l’éloigner de Kaboul, il le nomma gouverneur de Laghman et de Jalalabad.

« Une fois le ménage fait à Kaboul », il distribua à ses fils, ainsi qu’aux membres de sa famille qui lui étaient fidèles, les postes importants du pays. Ceux qui lui résistèrent furent contraints de s’exiler dans les régions non tenues par le roi, c’est-à-dire le Khorasan et la région de Kandahâr. Notamment dans l’ancienne capitale afghane, de nombreux frères de Dost Mohammad vinrent se réunir autour de Sardar Kuhan Dil Khan (1792-1855), le maître de la ville. Ce fut le cas de Sardar Sardar Rahim Dil Khan (1796-1859) et de Sardar Mehr Dil Khan (1796-1855).

Une fois que Dost Mohammad obtint la main-mise totale sur Kaboul et Ghaznî, il entreprit la reconquête des provinces dissidentes du Nord. Il étendit son pouvoir sur Balkh et Khulm (1850), Sheberghan (1854), Maïmana (1855). Le prince Mohammad Akram Khan fut chargé de la gestion de ces territoires. A sa mort en 1852, il fut remplacé par Afzal Khan, le fils aîné de Dost Mohammad.

A côté de cela, dans les territoires sous son contrôle, il accrut sa puissance aux dépens des chefs tribaux en organisant une armée régulière qui remplaça dorénavant les milices féodales, sources d’une grande partie des troubles sous l’ancienne dynastie des Sadozaï. Il affecta à l’entretien de ces troupes les impôts que s’appropriaient auparavant les autorités tribales. Fort de ce soutien, il put ainsi mettre à mal la puissance des Ghilzaï et tint les Kizilbash et le clergé sunnite, qui avaient rendu si instables les gouvernements précédents de Kaboul, sous une ferme autorité. L’unique faiblesse de ce système était qu’il dépendait de la coopération suivie de ses fils occupant les postes de gouverneurs. Bien qu’il était très respecté de ses enfants, cela n’empêchait pas l’existence de quelques dissensions entre lui et ses derniers. Notamment le plus célèbre, Akbar Khan, était bien plus ambitieux que lui et voulait restituer à son pays sa grandeur passée. De 1842 à 1845, il occupa le poste de gouverneur de Laghman et de Jalalabad, provinces voisines de l’Inde. Le jeune prince voulait profiter de l’affaiblissement du royaume sikh sous les coups de boutoirs des colonisateurs anglais pour reprendre les territoires pachtouns perdus au début du 19ème siècle. Il se mit donc à rassembler des troupes pour tenter de reprendre la ville de Peshawar. Malheureusement, avant de pouvoir accomplir son rêve, Akbar Khan mourut mystérieusement en 1845, à l’âge de 29 ans (certains pensent qu’il a été assassiné par son propre père qui voulait épargner à l’Afghanistan un nouvel affrontement avec les Anglais). Le héros national ne fut pas enterré à Kaboul mais à Mazar-i Sharif car Dost Mohammad craignait que les partisans de la guerre sainte contre les Anglais n’utilisent la tombe du martyr comme un symbole. Le prince Sardar Ghulam Haidar Khan fut élevé au rang de successeur officiel, en remplacement de son défunt frère.








Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | © copyright bassirat.net - 2007