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Kaboul, émeute du 3 septembre 1879 au cours de laquelle le diplomate Cavagnari fut assassiné, connaissant ainsi le même sort que son prédecesseur Burnes en 1841
Conformément aux accords anglo-afghans, Louis Cavagnari s’installa à Kaboul le 24 juillet 1879 afin d’aider Yakoub Khan à diriger le pays. La désaffection de nombreux Afghans par rapport aux modalités de cessez-le-feu ne semblait pas soucier outre mesure Cavagnari. Comme lors de la Première Guerre anglo-afghane, l’occupation semblait se dérouler sans heurt dans un premier temps. Mais en Août, six régiments afghans arrivèrent à Kaboul en provenance d’Herat. Ce renfort était censé renforcer le pouvoir de l’émir dans la capitale. Cependant, la discipline au sein de ces nouvelles unités était quasiment inexistante, et le délabrement de cette armée ne fit qu’empirer au fur et à mesure du non paiement de la solde de ses militaires.
Il était maintenant évidemment que les hommes d’armes afghans ne portaient pas dans leur cœur les Anglais, ainsi que leur pantin Yakoub Khan, d’autant plus que rien ne fut entrepris pour améliorer leur sort. Ce qui était prévisible arriva : une émeute au sein d’un des régiments éclata. Les révoltés ne furent dispersés qu’à la faveur du paiement d’une partie de leurs arriérés de salaire. Mais ce ne fut que partie remise. Le 3 Septembre, à nouveau, plusieurs régiments se rebellèrent. Les mutins marchèrent cette fois-ci sur le quartier général anglais pour exiger le paiement de la totalité de leur salaire. En réponse à ces exigences, les Anglais ouvrirent le feu, ce qui eu comme effet d’embraser la situation. Les mutins se dispersèrent quelques temps, puis réapparurent plus tard, mais armés cette fois-ci. La garde personnelle de l’émir tenta de bloquer l’accès à la résidence anglaise, mais elle fut rapidement débordée. Dans les heures qui suivirent, Cavagnari et de nombreux officiers anglais perdirent la vie dans les affrontements.
La réaction anglaise
Les instances anglaise en Inde étaient bien décidées à punir cet affront. Le sort de l’émir Yakoub Khan était encore incertain à leurs yeux. Le fait qu’il ne soit visiblement pas impliqué dans cette révolte, ne semblait pas contenter les Anglais. Il était maintenant devenu clair pour eux que Yakoub Khan n’avait pas l’autorité suffisante pour maintenir le calme dans le pays. Le fait que ce soit les propres demandes des négociateurs anglais, qui avaient affaibli la position de l’émir vis-à-vis de ses sujets, ne gênait pas outre mesure les diplomates de Delhi et déjà un détachement militaire considérable (celui qui avait eu comme mission d’occuper la vallée de Kurram), sous les ordres du général Roberts, était en direction de Kaboul. Roberts fit la déclaration publique qu’il venait à Kaboul pour venger la mort des membres de la mission anglaise et que quiconque surpris en possession d’une arme serait considéré comme participant à l’émeute et puni en conséquent.
Juste au Sud de Kaboul, ce qui restait de l’armée afghane vint à la rencontre des forces anglaises, pour tenter de les empêcher de s’emparer de la capitale. La confrontation eut lieu non loin du village de Charassia le 6 octobre 1879. Les armées afghanes, dont l’armement était complètement désuet, ne purent pas très longtemps s’opposer à l’avancée de l’armée anglaise, dotée d’une artillerie moderne et surtout de fusils à répétition (importés des U.S.A.). A partir de cette victoire, rien ne put empêcher les Anglais de marcher sur Kaboul et à peine arrivés dans les faubourgs de la capitale, ils commencèrent à pendre publiquement des Kaboulis raflés au hasard dans la ville. (Ces actes de barbarie valurent à Lord Roberts de s’expliquer devant ses supérieurs, une fois rentré en Angleterre. La nouvelle à Londres contribua fortement quelques temps tard à la chute du gouvernement Disraeli.) Les troupes du général Roberts, après avoir confisqué l’arsenal militaire de l’émir, occupèrent immédiatement tous les emplacements stratégiques de la capitale et un camp fortifié fut installé dans la plaine de Sherpour. Sir Lepel Griffin remplaça le défunt Cavagnari à la tête de la mission britannique de Kaboul. Il revenait au nouveau résident anglais de Kaboul d’ouvrir des pourparlers avec les forces politiques afghanes en présence dans la capitale.


