Le soulèvement du peuple afghan


Le retournement de la situation

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Prince Mohammad Akbar Khan, héros national afghan, nommé officiellement chef de la résistance à la Loyah Girgah de Novembre 1841

Tout le long des années 1840 et 1841, les insurrections se succédèrent dans toutes les régions du pays. Malgré cela, Macnaghten déclara dans un de ses courriers à destination de l’Angleterre que c’était une situation normale de la société afghane. En réalité, l’Anglais convoitait le poste de gouverneur de Bombay. Pour ne pas ternir sa réputation, il fit en sorte de minimiser ces incidents. Pour compliquer la situation, devant le coût financier colossal de cette campagne, les Anglais durent diminuer leur rente à Shah Shoja. Inévitablement cela entraîna une diminution des subsides versés aux tribus pour acheter leur soutien.

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Illustation de droite : Alexander Burnes, diplomate anglais conseiller de Macnaghten Illustration de gauche : Emeute du bazar de Kaboul (Tchar Tchata) le 2 Novembre 1841 au cours de laquelle Burnes fut assassiné

Ces dernières se révoltèrent alors et un grand nombre d’entre elles apportèrent, à ce moment, leur soutien à Mohammad Akbar Khan. Une Loya Girgah fut convoquée en 1841. Elle nomma officiellement le prince Akbar Khan commandant en chef de la résistance afghane. Fort de ce soutien, Akbar put intensifier la lutte contre les troupes d’occupation.

Les afghans, farouchement indépendants, n’étaient pas prêts à vivre sous domination étrangère. Parallèlement à cela, pour compenser la baisse de ses subsides Shah Shoja fut contraint d’instaurer de nouveaux impôts qui furent bien sur très mal acceptés.

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Moudjahidin afghans hissant une pièce d’artillerie sur les hauteurs surplombant la plaine de Bimarou, où était situé le campement des forces anglaises occupant Kaboul

Le Général Elphinstone, un vieille homme goutteux, ne semblait pas gêné par la tournure des évènements. Pourtant, il avait en charge le cantonnement de Kaboul et était garant de la sécurité des diplomate de la capitale (véritablement au pouvoir en Afghanistan). Pendant les semaines qui suivirent la révolte enfla. Tous les jours de nouvelles rumeurs circulaient dans les rues de Kaboul, spéculant sur l’éventuel attaque des avants postes britanniques gardant les lignes de communication avec l’Inde, ce qui aurait rendu l’occupation britannique intenable.

L’hiver s’approchant rapidement, une fois les cols enneigés, les renforts anglais ne pourraient renforcer les garnisons stationnées en Afghanistan. En cas d’attaque afghane massive, cette situation serait catastrophique pour les occupants.

A Kaboul aussi, loin des manœuvres d’Akbar Khan, la résistance s’organisa. Elle prit forme autour d’un noyau constitué par Aminullah Logari (Khan du Logar et de Butkhak) et Nawab Zaman Khan, tous deux déçus des promesses non tenues par les diplomates anglais. Leur mouvement prit le nom de« leader de la nation ». Les Anglais réagirent en mettant les têtes des chefs de la résistance à prix. L’émeute du bazar de Kaboul, avant-signe de la débâcle anglaise

L’étincelle eut lieu le 2 Novembre 1841. En ce jour, au petit matin, une émeute éclata à Kaboul au cours de laquelle de nombreux officiers anglais, ainsi que le diplomate Alexandre Burnes furent lynchés par la foule mécontente. Le déroulement de ces troubles fut simple. Une foule commença d’abord à s’amasser devant la résidence de Burns, située non loin du bazar de Kaboul (Burns avait refusé de séjourner dans le cantonnement anglais). Sa demeure n’était gardée que par quelques cipayes (hindous servant dans l’armée anglaise). Ces derniers tentèrent d’abord de disperser les gens, mais sans succès. Burnes lui-même descendit alors et essaya d’acheter les personnes qui semblaient mener la révolte. Mais ce fut encore un échec. Un officier anglais demanda alors à ses gardes de faire feu. Ce geste signa l’arrêt de mort de Burnes et de ses acolytes. Shah Shoja essaya de les sauver. Mais les troupes qu’il envoya s’enfuirent rapidement devant l’ampleur de la révolte, qui avait pris maintenant les traits d’un soulèvement populaire. Mohan Lal, l’espion cachmiri, quant à lui fut capturé et il n’eut la vie sauve qu’à la faveur de la récitation du Kalimah. (En effet, pour sauver sa vie, l’astucieux Indien répéta à voix haute pendant toute l’émeute : « Il n’y a l n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et Mohammad est son messager).

Devant la passivité du Général Elphinstone face à cet rébellion, la révolte s’étendit. Maladroitement les Anglais se contentèrent de rester cloîtrer dans leur cantonnement ce qui porta un coup fatal à leur prestige. De son côté, le pauvre Shah Shoja, craignant les Anglais autant que la populace, refusa de prendre parti avant de connaître l’issue finale de la rébellion. C’est pour ces raisons qu’il rejeta l’ordre qui lui avait été donné de venir se réfugier dans le camp de Bimarou.

Ce soulèvement populaire, qui n’était au début qu’une simple émeute, aboutit finalement à un siège du campement anglais. Des snipers afghans, équipés de fusils de fabrication locale (les célèbres jezails), harcelèrent sans cesse la garnison anglaise. Le 23 Novembre, les Anglais sortirent de leur retranchement pour tenter de déloger deux canons afghans situés sur les hauteurs surplombant le camp. Une fois chose faite, ils se dirigèrent alors vers un village, situé non loin de là, où se concentrait une grande partie des responsables de l’insurrection. Mais cette fois-ci pour la première fois, les Anglais furent repoussés. C’est alors que des cavaliers afghans vinrent les attaquer. Les Anglais subirent des pertes importantes et n’eurent la vie sauve qu’à la faveur de renfort équipé de pièces d’artillerie. Trois cents soldats avaient déjà laissé la vie dans cette opération.

A Kaboul, les résistants du Majlis-i Milli nommèrent Nawab Zaman Khan, le neveu de Dost Mohammad Khan, à leur tête et Aminullah Logari devint son second. Shah Shoja dut s’accommoder de ces derniers et c’est ainsi que Zaman Khan devint régent. Macnaghten s’entretint alors avec les représentants des leaders de la résistance mais cela ne permit pas de mettre un terme aux combats. Très vite, des dissensions apparurent au sein des leaders du Majlis-i Mili car aux yeux d’Aminullah Logari, Zaman Khan était trop conciliant envers les Anglais. Pendant ce temps là, Akbar Khan se rapprochait de la capitale.








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