Vendredi, l’armée américaine a mené au dessus du sud-est de l’Afghanistan « une mission d’aide humanitaire de bonne volonté (...) pour l’amusement des enfants afghans », selon son porte-parole, le capitaine Vanessa Bowman. Mais, elle s’est vite avérée contre-productive, voire explosive. En effet, une centaine de personnes a manifesté à Khôst, ville du sud-est du pays.
« Mettre des versets du Coran sur une chose à laquelle on donne des coups de pied serait une insulte dans n’importe quel pays musulman de la planète », a déclaré le député Mirwais Yasini. Le capitaine Bowman a affirmé que l’armée américaine n’était pas au courant du caractère sensible de la question et qu’elle regrettait d’avoir pu choquer. Les forces américaines ont fait « des efforts significatifs pour travailler avec les responsables locaux, les religieux et les anciens afin de respecter leur culture. Malheureusement, il y avait quelque chose sur ces ballons dont nous n’avons pas immédiatement compris le caractère offensant et nous le regrettons », a-t-elle déclaré.
Cette nouvelle maladresse intervient dans un contexte difficile pour les forces internationales déployées en Afghanistan. Elles affrontement des insurgés toujours mieux armés, mieux équipés et plus motivés au moment où le soutien de la population afghane s’érode. Il s’érode pour deux raisons : les fruits de la reconstruction sont invisibles pour la plupart d’entre eux et les bombardements indiscriminés, qui ont fait au moins trois cents cinquante victimes civiles depuis le début de l’année, suscitent colère et indignation.
« Ce ballon (...) comporte un message qui, comme une bombe atomique, peut déclencher carnages et insécurité dans tout l’Afghanistan », écrit lundi un quotidien privé afghan, Cheragh. « Les Américains créent eux-mêmes l’insécurité en ne tenant pas compte de la sensibilité religieuse. Ceci va à l’encontre de l’islam », notait Faouad Ahmad, un marchand de Kaboul.
Avec BBC et Reuters


