Les conséquences en Afghanistan et en Angleterre de la débâcle de l’armée de L’Indus


La lutte pour le pouvoir à Kaboul

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Général Sale, responsable de la garnison anglaise de Jalalabad

Après la débâcle de Kaboul, la garnisons de Jalalabad, avec à sa tête le général Sale, ainsi que celle de Kandahâr, eurent à subir de violentes attaques qui causèrent de nombreuses victimes parmi les rangs anglais. Les positions anglaises étaient sur le point de tomber et tous se préparaient à subir une offensive massive, du type de celle qui eut lieu à Bimarou. En effet, les voies de communications restant coupées, les cantonnements britanniques étaient toujours hors d’atteinte des convois de ravitaillement.

Mais de nouveau, les luttes pour le pouvoir à Kaboul empêchèrent les résistants de coordonner leurs forces et c’est ainsi que les attaques contre les positions anglaises de Kandahar et Jalalabad n’eurent jamais lieu.En effet, après la mort de Shah Shoja, Nawab Zaman Khan s’autoproclama roi.

En vain, car Aminullah Logari ne reconnut pas son pouvoir et ce dernier, pour empêcher une nouvelle guerre civile, préféra apporter son appui à Fath Jang, second fils du défunt Shah Shoja. Une lutte prit pied à Kaboul entre les partisans de Zaman Khan et ceux de Aminullah. Le 4 Mai, Akbar Khan, qui auparavant été occupé à préparer l’offensive sur Jalalabad, prit le chemin de Kaboul pour prendre par lui-même connaissance de la situation. Une fois arrivée à la capitale, il fut contacté par Aminullah Logari qui lui proposa d’occuper le poste de Premier ministre, en retour de son appui à Fath Jang. Il approuva cette demande et ainsi les deux alliés purent conjuguer leurs efforts. Les résultats ne se firent pas attendre car à peine quelques semaines plus tard, Nawab Zaman Khan fut défait et ses partisans désarmés. C’est ainsi que le 29 Juin 1842, Fath Jang put monter sur le trône de Kaboul.

Le changement de situation en Angleterre

Parallèlement aux évènements ayant eu lieu en Afghanistan, de grands changements bouleversèrent le paysages politique à Londres. En effet, les travaillistes venaient de remporter les élections et le nouveau gouvernement souhaitait maintenant démanteler toutes les garnisons d’Afghanistan, principalement en raison des sommes exorbitantes nécessaires à leur maintien sur place. Sir Ellingburgh était donc en chemin vers Calcutta, afin de remplacer Aukland, quand il fut mis au courant du destin tragique de l’Armée de l’Indus. Il était devenu évident que le prestige britannique allait souffrir de cette débâcle et que dans toutes les colonies de part le monde et surtout celles du sous-continent indien, cela réveillerait les sentiments anti-colonialistes. Les Anglais décidèrent donc, au printemps suivant, de lancer une expédition punitive. Les passes furent d’abord sécurisées et ainsi les garnisons de Kandahar et Jalalabad purent être relevées. Deux armées distinctes, à partir de Peshawar et Kandahar, convergèrent sur Kaboul, l’une dirigée par le Général Pollock, l’autre par le Général Nott. Bien entendu, comme lors de leur progression de 1839, les villages afghans, situés sur leur passage, eurent à souffrir de nombreuses exactions. Mais les Britanniques n’étaient ils pas venus en Asie pour amener la civilisation ? Entre temps, Fath Jang, redoutant pour sa vie, s’enfuit de Kaboul et rejoint les forces du Général Nott, alors aux environs de Gandamak. Les deux armées anglaises firent jonction courant Septembre. Elles purent facilement prendre possession de Kaboul le 15 Septembre, les chefs de la résistances s’étant retirés vers le Kohistan.

Le général anglais s’empressa alors de réinstaller au pouvoir Fateh Jung, le fils de Shah Shoja. Le groupe d’enfants et de femmes qu’Akbar Khan avait pris sous sa protection fut libéré. Elphinstone avait succombé à la maladie pendant sa captivité, mais Pottinger était lui bien là. Les Afghans n’étaient pas les monstres aussi sauvages que les Anglais se complaisaient à décrire. Une fois femmes et enfants entre leurs mains, les Britanniques étaient maintenant décidés à se venger de ce qu’ils avaient eux-mêmes provoqués. Pour cela, ils mirent le bazar de Kaboul à feu et à sang, commettant par la-même de nombreux meurtres et exactions envers la population.. Le 12 Octobre, les Britanniques se retirèrent de Kaboul. En effet, redoutant de se faire bloquer par le froid, le Général Pollock préféra se replier sur Peshawar, évitant ainsi les dangers de l’hiver afghan. Fateh Jang, craignant pour sa vie, suivit le repli des Anglais et trouva refuge en Inde, accompagné de l’ex-roi aveugle Shah Zaman. Shahpur, le quatrième fils de Shah Shoja, remplaça son frère sur le trône le lendemain même du départ des Anglais (13 Octobre 1842). Mais le règne de ce malheureux ne dura pas plus d’un mois. Effrayé de la tournure des évènements, il préféra lui-aussi s’enfuire en Inde plutôt que de subir le sort qui lui était réservé. En Janvier 1843, conscient du chaos qu’ils avaient créé en Afghanistan, les Anglais autorisèrent Dost Mohammad à revenir de son exil. Ainsi le chef des Mohammadzaï put remonter sur le trône. Au Pendjab, Ranjit Singh mourût peu après la débâcle anglaise. Les Anglais saisirent alors l’occasion pour tenter de se saisir du royaume sikh. Après deux guerres anglo-sikhs et des combats acharnés, l’annexion du Pendjab à la couronne britannique fut effective en Mars 1849.

La Première Guerre anglo-afghane restera dans l’histoire comme le plus grand désastre coloniale britannique du XIXème siècle. Le vieux dicton pachtoun "les Afghans ne sont en paix entre eux que lorsqu’ils sont à la guerre" a été à nouveau plus que vérifié. Mais à long terme, cette invasion entraîna un fort ressentiment anti-étranger en Afghanistan, ce qui freina la modernisation du pays.








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