Les élections présidentielles afghanes

Bassirat.net

vendredi 4 juin 2004


Le 9 octobre prochain auront lieu les premières élections présidentielles dites démocratiques de l’histoire de l’Afghanistan. Celles-ci se dérouleront sous l’égide des Nations Unies et sous l’œil attentionné des Américains, il en va de leur crédibilité trois ans après le lancement de l’opération «  Liberté immuable » pour chasser les taliban du pouvoir et déloger al-Qaïda de son sanctuaire afghan. La préparation de ces premières élections est un véritable casse-tête pour les organisateurs qui doivent faire face à de nombreux défis dans un pays analphabète à 80%, sans infrastructure, où la violence est quotidienne, la situation sécuritaire catastrophique et les partis politiques aucun sens face aux réseaux de solidarités.

Bien que prévues depuis près de trois ans en vertu des accords interafghans de Bonn (décembre 2001), ces élections sont considérées comme précipitées par de nombreux observateurs. Ils mettent notamment en avant l’absence de recensement fiable de la population. Selon l’ONU, l’Afghanistan compterait environ 26 millions d’habitants. Or, si l’on se réfère au recensement qui a été mené de 1972 à 1974, le pays compterait 17 millions d’habitants au mieux. Il est donc impossible d’avoir 10 millions d’inscrits (ce chiffre correspond au nombre de cartes d’électeur délivrées par les Nations unies). On peut donc s’interroger sur l’ampleur de la fraude qui pourrait caractériser ce scrutin.

Le nombre très important d’électeurs potentiels se traduit sur le terrain par des chiffres délirants. Ainsi, la province du Panjsher compte 200 % d’inscrits, Djalâlâbâd 140 %. Aucun moyen ne permet d’empêcher une personne de s’inscrire sous plusieurs identités. Quant à la part d’inscrit entre homme et femme, officiellement 60 et 40 %, elle est loin de refléter la réalité (patriarcale !) afghane, si ce n’est à Kaboul, Mazar-e-Sharif ou dans le centre du pays.

Principalement pour cause d’insécurité, l’Union européenne et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’enverront pas d’équipes complètes d’observateurs électoraux pour certifier la présidentielle afghane, toutefois ils enverront des équipes réduites de « soutien » et d’« évaluation » pour le scrutin du 9 octobre mais celles-ci-ci ne participeront pas à la certification du scrutin.

Le nombre très important d’électeurs potentiels se traduit sur le terrain par des chiffres délirants. Ainsi, la province du Panjsher compte 200 % d’inscrits, Djalâlâbâd 140 %. Aucun moyen ne permet d’empêcher une personne de s’inscrire sous plusieurs identités. Quant à la part d’inscrit entre homme et femme, officiellement 60 et 40 %, elle est loin de refléter la réalité (patriarcale !) afghane, si ce n’est à Kaboul, Mazar-e-Sharif ou dans le centre du pays.

Principalement pour cause d’insécurité, l’Union européenne et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’enverront pas d’équipes complètes d’observateurs électoraux pour certifier la présidentielle afghane, toutefois ils enverront des équipes réduites de « soutien »" et d’« évaluation » pour le scrutin du 9 octobre mais celles-ci-ci ne participeront pas à la certification du scrutin.

Dix-huit candidats, dont une femme, ont été retenus par la commission électorale mixte (Afghans/ONU) qui avait étudié vingt-trois dossiers de candidature (un candidat et deux colistiers).

Pour pouvoir être retenu, chaque candidat a dû normalement remplir plusieurs critères :

- s’acquitter d’une somme de 1 000 dollars au titre des frais d’inscription ;
- présenter la photocopie de la carte de 10 000 électeurs ;
- ne pas être coupable de crimes ;
- ne pas poursuivre d’objectifs contraires à l’islam et à la Constitution ;
- ne pas inciter discriminations ethniques, linguistiques ou religieuses ;
- ne pas être soutenus par une organisation militaire non officielle (milice) et/ou recevoir des fonds venus de l’étranger.

La loi électorale exige également que les candidats et leurs colistiers démissionnent de leurs fonctions officielles au sein du gouvernement ou de l’appareil étatique, à l’exception du chef de l’État.

L’élection présidentielle se déroulera au suffrage universel direct, tout citoyen afghan âgé de plus de 18 ans et titulaire d’une carte d’électeur peut faire valoir son droit de vote dans n’importe quel bureau de vote. Il a donc fallu trouver un moyen pour empêcher une personne de voter plusieurs fois. La solution retenue consiste à marquer les bras des personnes ayant accompli leur devoir. Mais, cette marque à l’encre qui ne s’estompe qu’au bout de quatre jours soulève un autre problème. En effet, elle met en danger la vie de ceux qui ont accompli leur devoir civique s’ils tombent entre les mains de la rébellion qui a menacé toute personne s’impliquant dans le processus électoral afghan.

Des commissions composées de plusieurs personnes sont chargées de sillonner le pays et donner des cours d’éducation civique. Ces équipes doivent, non sans mal, expliquer aux populations le concept de démocratie. Des ateliers d’écritures sont même organisés afin d’apprendre aux gens à signer, 80% de la population afghane est analphabète et, par conséquent, ne sait se servir d’un stylo.

Pour faciliter au mieux le vote, les bulletins aussi ont été simplifiés, la photo de chaque candidat figure sur le bulletin avec une case à cocher juste à côté. L’impression de ces bulletins a été confiée au Canada, l’Afghanistan n’ayant ni les moyens ni les capacités de fournir 20 millions de ces bulletins. Idem pour les 30 000 urnes qui sont fournies par le Danemark. Des millions de stylos seront également distribués et l’ONU compte former 120 000 à 135 000 personnes d’ici les élections pour tenir les bureaux de vote.

Le dépouillement des bulletins pose encore d’autres problèmes puisqu’ils devront être transportés dans une vingtaine de centres, plus faciles à sécuriser que les 5 000 bureaux de vote. Mais là encore, la géographie (très montagneuse) du pays ne rend pas les choses faciles : tous les moyens du plus rudimentaire au plus moderne sont envisagés pour rapatrier les urnes vers les centres de tri.

L’hypothèse d’un second tour, pas avant le 7 novembre selon l’ONU, en plein mois de jeûne du ramadan, rend l’opération encore plus acrobatique. Les Afghans sont centrés sur des questions spirituelles et peuvent estimer qu’il est inapproprié de s’occuper de politique durant cette période. Mais repousser le 2e tour de quelques jours serait impossible à gérer en raison de la rudesse du climat marqué par l’arrivée de l’hiver sur l’ensemble du pays.

Le processus électoral se poursuit alors que, tant au niveau de la communauté internationale, que de l’ONU et du gouvernement afghan, personne ne se soucie guère d’un fait qui est pourtant crucial pour le bon déroulement des élections : la sécurisation des bureaux de vote et des électeurs. Elle est normalement du ressort du gouvernement afghan, mais l’armée nationale afghane ne compte pas plus de 15 000 hommes et la formation de policiers n’en est qu’à ces débuts. Il est possible qu’elle soit confiée aux milices qui pourraient utiliser la force pour intimider les électeurs et, ainsi, influencer le scrutin.

La plupart des candidats se présentent à titre indépendant, de ce fait de par la loi électorale, ils n’ont pas le droit de recevoir de subventions des partis politiques pour leur campagne.

Les alliances n’étant pas sacrées, tous les virements de situation sont possibles. Les engrenages traditionnels de la société afghane à travers les qawms, les réseaux de solidarité, vont s’activer, et on pourra constater que les Afghans, même s’ils ont accès à la démocratie, continueront pendant longtemps à fonctionner sur le système tribal des qawms.

En fait, le plus important est que le résultat final du scrutin de ces élections soit accepté à l’intérieur du pays au risque de le faire sombrer dans l’anarchie la plus totale. À l’extérieur, elles doivent présenter une façade démocratique afin d’exprimer la reconnaissance du peuple pour l’aide apportée par la communauté internationale et notamment par les Américains pour leur rôle dans la chute du régime tâleb en 2001.

Calendrier des élections présidentielles afghanes jusqu’au 9 octobre 2004 (premier tour)

DateNbre de j. avant l’électionÉvènement
Vendredi 9 juillet 2004 92 • Officialisation de la date des élections
• Publication du calendrier électoral
Samedi 10 juillet 2004 91 • Ouverture des candidatures
Lundi 26 juillet 2004 75 • Clôture des candidatures
• Les candidats avec une fonction officielle doivent démissionner
Jeudi 29 juillet 2004 72 • Liste préliminaire des candidats
Samedi 31 juillet 2004 70 • clôture des enregistrements d’électeurs
Lundi 2 août 2004 68 • Date limite des objections contre les candidats
• Date limite pour annoncer les candidatures non valides
Lundi 9 août 2004 61 • Date limite pour rectifier les candidatures non conformes
Mardi 10 août 2004 60 • Annonce de la liste définitive des candidats
• Une commission médiatique est créée
Mardi 24 août 2004 46 • Fin de la saisie des électeurs
Dimanche 29 août – Jeudi 2 septembre 2004 41-37 • Constitution et présentation provisoire des listes d’électeurs
Mardi 7 septembre 2004 32 • Ouverture des campagnes électorales
Mardi 14 septembre 2004 25 • Constitution définitive des listes d’électeurs
Vendredi 24 septembre 2004 15 • Certification et publication de la liste finale des électeurs
Mercredi 6 octobre 2004 3 • Fin des campagnes électorales
Samedi 9 octobre 2004 0 • Jour de vote
Liste des candidats aux élections présidentielles et de leurs colistiers
Candidat

Age du candidat

Ethnie d’origineRégion d’origine1 er vice-président2 ème vice-président
GIF - 4.5 ko

Hamid Karzaï
46 ans Pashtoune Kandahâr Ahmad Zia Massoud Karim Khalili
GIF - 4.4 ko

Younous Qanouni
47 ans Tadjik Panjsher Taj Mohammad Wardak Sayed Huassain Alemi Balkhi
Abdoul Rachid Dostom 50 ans Ouzbek Sheberghan Mme Shafiqa Habibi Mustafa Kamal Makhdoum
Hâdji Mohaqqeq 49 ans Hazara Balkh Nasir Ahmad Insaf Abdoul Fayaz Mehrain
Massoud Djalal 41 ans Tadjik Kapisa Mir Habib Sohaili Sayed Mohammad Alem Amini
Prof. Abdoul Sattar Sirat 67 ans Tadjik Samangan Qazi Mohammad Amin Waqad Abdoul Qader Amami Ghori
Abdoul Hafez Mansour 41 ans Tadjik Panjsher Sayed Eqbal Monib Dr Mohammad Ayoub Qasemi
Sayed Eshaq Gailani 49 ans Pashtoune Kaboul Mohammad Esmail Qasemyar Barialay Nasrati
Latif Pedram 41 ans Tadjik Badakhshan Haji Ahmad Nirow Mohammad Qasim Masomi
Homayoun Shah Asefi 64 ans Pashtoune Kaboul Mohamad Shah Ismat Allai Tajor Kakar
Ahmad Shah Ahmadzai 61 ans Pashtoune Kaboul Obidullah Obid Abdoul Manna Ourouzgâni
Gholam Farouq Nijrabi 50 ans Tadjik Kapisa Abdoul Fatah Abdoul Hanan
Mir Mohammad Mahfouz Nidaï 65 ans Pashtoune Kaboul Sayed Mohammad Arif Ibrahim Khel Mohammad Hakim Karimi
Wakil Mangal 50 ans Pashtoune Khôst Mohammad Younous Moghil Dina Gôl
Abdoul Hadi Dabir 42 ans Tadjik Takhar Abdoul Rachid Dad Mohammad
Abdoul Hasib Aryan 43 ans Tadjik Kaboul Dil aqa Shakaib Sayed Mohammad Zaman Ahmadyar
Mohammad Ibrahim Rachid
49 ans Pashtoune Baghlan Sayed Mohammad Hadi Hamid Tahiri
Abdoul Hadi Khalilzay 72 ans Pashtoune Kounar Khidai Nour Mando Khel Khadad Orfani

Parcours des candidats

Younous Qanouni

Younous Qanouni est né en 1954 à Rokha, dans la vallée du Panjsher, au nord de Kaboul.

En 1981, après avoir obtenu un diplôme en droit islamique à l’Université de Kaboul, Younous Qanouni rejoint la résistance et intègre les rangs du Djamiat-e-Islami. Jusqu’au départ des troupes soviétiques, il est chargé de représenter le parti auprès de l’ISI, les services secrets pakistanais, par qui transitent argent et armes fournis par les États-Unis.

En 1990, las de l’inefficacité des politiciens basés à Peshawar, Ahmad Shah Massoud décide de mettre sur pied le Conseil des commandants. Cet organe a pour vocation de transcender la logique des partis en fédérant des commandants provenant d’horizons politiques divers. Ahmad Shah Massoud confie la direction du bureau politique de Peshawar, ainsi que le poste de porte-parole de ce nouveau Conseil à Younous Qanouni. Il occupe aussi cette fonction au sein du gouvernement du président Rabbani qui prend ses fonctions en juin 1992.

Le président Rabbani, pour satisfaire le Pakistan, l’Arabie Saoudite et l’Iran, accepte, le 7 mars 1993, les Accords de Peshawar et sacrifie Ahmad Shah Massoud, son ministre de la Défense. En effet, les Accords, qui marquent l’arrivée au gouvernement du Hezb-e Islami de Gôlbouddin Hekmatyar, prévoient une direction bicéphale pour le ministère de la Défense. Younous Qanouni occupe la place dévolue au Djamiat-e Islami. C’est dans l’exercice de cette fonction qu’il est victime, un an plus tard, d’un attentat à la roquette attribué à Hekmatyar. Soigné à l’hôpital militaire du Val de Grâce, Younous Qanouni reste encore aujourd’hui affecté d’une légère claudication.

Fin connaisseur de la scène politique afghane, il représente le commandant Massoud aux réunions qui aboutissent, le 10 octobre 1996 (soit 13 jours après la chute de Kaboul), à la création, autour d’Ahmad Shah Massoud, de Karim Khalili et de Rashid Dostom, du Conseil suprême pour la défense de la mère patrie.

Il joue également un rôle important dans la création le 13 juin 1997 du Front uni national et islamique pour le salut de l’Afghanistan, dont il devient le ministre de l’Intérieur.

A la disparition du commandant Massoud, Younous Qanouni assure la direction politique du Front uni. C’est lui qui finalise le rapprochement initié début 2001 entre le Front uni et Zâher Shah. Il prend aussi la tête de la délégation du Front uni qui participa à Bonn à la mise sur pied d’une autorité intérimaire au sein de laquelle il obtient le poste de ministre de l’Intérieur.

Au cours de la Loya Jirga de juin 2002, il a longtemps hésité à accepter le poste de ministre de l’Éducation, avant de s’y résoudre.

Il est considéré comme le candidat le plus sérieux face au président Karzaï. Il dispose du soutien du puissant ministre de la Défense, Mohammed Qasim Fahim, et du ministre des Affaires étrangères, Abdoullah Abdoullah, avec qui il prétend poursuivre la politique du commandant Ahmad Shah Massoud. Il a choisi comme colistier le pashtoune Tâj Mohammad Wardak avec qui il entretient des liens de famille, et Sayed Hussain Alemi Balkhi pour représenter la communauté chiite.

Dernièrement il a été impliqué dans l’affaire d’une prison clandestine tenue par des citoyens américains.

Marié, Younous Qanooni est père de six enfants. Sa famille vit à New Delhi en Inde.

Abdoul Hafiz Mansour

Abdoul Hafiz Mansour appartient au Djamiat-e-Islami, parti dont le chef, l’ancien président Borhanodine Rabbani (1992-1996), soutient la candidature du président Karzaï.

Diplômé en journalisme à l’université de Kaboul, il dirige actuellement l’hebdomadaire Payam-e-Mujahid (Le Message du Moudjahid).

Après la chute du régime des taliban fin 2001, il fut l’un des responsables de l’agence de presse officielle Bakhtar, avant d’occuper brièvement le poste de ministre de l’Information et de la Culture.

Il représentait l’un des districts de la capitale afghane lors des deux Loya Jirga (Grand Conseil tribal) chargées de choisir le chef de l’administration intérimaire.

Favorable à un système parlementaire, Mansour était farouchement opposé au régime présidentiel fort mis en place par la Constitution adoptée lors de la Loya Jirga de janvier 2004. Ce système représente pour lui la prédominance des pashtounes sur le pays. Son slogan est « liberté, justice et unité nationale ».

Âgé de 41 ans et originaire de la vallée du Panjsher, Abdoul Hafiz Mansour se présente comme le fils spirituel d’Ahmad Shah Massoud et comme le véritable héritier des moudjahidine qui ont résisté à l’occupation soviétique et aux taliban.

Abdoul Satar Sirat

Originaire de la province de Samangan, dans le nord de l’Afghanistan, Abdoul Sattar Sirat tadjik de 67 ans est diplômé en sciences religieuses islamiques de l’Université saoudienne d’Umm Al-Qura. Il est l’auteur de 12 livres sur l’islam et la science politique en dari, en arabe anglais et français.

Dans les années 1960 et 1970, il a occupé les fonctions de ministre de la Justice, de secrétaire général du conseil des ministres, de procureur général et doyen de la Faculté de théologie de Kaboul. Il a également enseigné la théologie en Arabie Saoudite.

Après le départ de l’ex-roi Mohammad Zâher Shah, renversé par son cousin le prince Daoud en 1973, Satar Sirat fut aussi l’envoyé spécial" de l’ancien monarque en Afghanistan.

Après l’invasion soviétique en décembre 1979, il a quitté l’Afghanistan pour l’Arabie Saoudite et les États-Unis.

Depuis, Abdoul Sattar Sirat a conseillé l’ancien roi Zaher Shah. Ainsi, il a dirigé la délégation dite de Rome (ville d’exil du roi déchu) qui a participé aux pourparlers interafghans de Bonn en décembre 2001. Un temps pressenti pour prendre la tête de l’administration intérimaire, notamment en raison du soutien du Djamiat-e Islami, il a été écarté au profit d’Hamid Karzaï.

En raison de ses liens avec l’ancienne monarchie, Abdoul Sattar Sirat est un candidat gênant pour le président-candidat. En outre, le choix de ses colistiers peut s’avérer payant. L’un d’eux, le Qazi Mohammad Amin Waqab, est l’un des fondateurs du mouvement islamiste afghan. Aujourd’hui, il est l’un des plus fervents défenseurs du nationalisme pashtoun. Ses positions concernant la présence de troupes étrangères en Afghanistan (il était favorable à l’envoi de troupes exclusivement musulmanes sous l’égide de l’ONU) et les attentats du 11 septembre 2001 (il condamné les attentats et la réaction américaine qu’il juge revancharde) devraient lui valoir de solides soutiens dans les régions pashtounes de l’est de l’Afghanistan, région dont il est originaire.

Longtemps en exil, Sirat ne s’est jamais « sali » les mains dans les troubles inter-afghans. Mais ses longues années à l’étranger et son âge, 67 ans, pourraient être un handicap.

Abdoul Latif Pedram

Réfugié en France depuis 1998, Abdoul Latif Pedram est un Tadjik de 41 ans. Né à Mah-’e-may, une petite ville de la province de Badakhshan, à l’extrême nord-est de l’Afghanistan, il a suivi des études de littérature persane à l’université de Kaboul avant de partir en Iran en 1978, pour suivre des études de philosophie. Il y a reçu de nombreux prix pour ses écrits.

Latif Pedram s’engage plus tard aux côtés du héros national de la résistance antisoviétique Ahmad Shah Massoud.

Au début des années 1990, sous le régime du président Rabbani, il fonde une publication, Le Matin de l’Espoir, interdite après une quinzaine de numéros. Il y dénonce en effet la corruption et l’influence grandissante du fondamentalisme.

En 1995, il devient le vice-directeur du Centre culturel Hakim Nasser-e-Khossraw, du nom d’une figure de la philosophie chiite ismaélienne du XIème siècle, dans la province de Baghlan, au nord de Kaboul.

Des milliers de manuscrits et documents anciens provenant de la collection privée d’une grande famille ismaélienne y sont entreposés. En 1997 les talibans brûlent des milliers de ces ouvrages inestimables.

Latif Pedram s’enfuit au Tadjikistan. Il rejoint ensuite Paris, plus précisément Suresnes, dans la proche banlieue de la capitale française.

Il a depuis étudié à la Sorbonne, où il a décroché un diplôme d’études avancées (DEA) et a soutenu une Étude de la pensée ismaélienne dans l’Afghanistan moderne.

Il est à l’origine et dirige le Mouvement du Congrès National d’Afghanistan, parti laïc soutenant la mise en place d’un État fédéral pour mettre fin à la prédominance des pachtounes en Afghanistan. Anti-royaliste et anti-Karzaï, c’est un opposant acharné à la présence militaire américaine en Afghanistan.

Il est rentré en Afghanistan au début de l’année 2004 pour présenter sa candidature à l’élection présidentielle du 9 octobre.

Sayed Ishaq Gailani

Sayed Ishaq Gailani, 49 ans, est un pachtoune, membre d’une famille soufie très respectée qui affirme descendre en droite ligne du prophète Mohammad et dirige la confrérie qaderiyya.

Avant l’arrivée des soviétiques, il étudiait le droit et les sciences politiques en Iran. Il a ensuite rejoint Peshawar (Pakistan), bastion de la résistance antisoviétique, en vue de lutter contre l’occupant.

Déjà sur place, son oncle Sayed Ahmad Gailani, le pir de la confrérie, avait fondé le Front national islamique d’Afghanistan. Il confia le front sud à son neveu.

Un peu dans l’ombre de ce parent, Gailani est passé sous les feux de la rampe à partir de 1992, au début de la guerre civile.

Il a alors fondé le Conseil pour l’unité nationale, un rassemblement d’intellectuels afghans favorables au retour de l’ex-roi Mohammed Zaher Shah, renversé par son cousin en 1973.

En 2001, Sayed Ishaq Gailani a fondé le Mouvement national de solidarité d’Afghanistan composé d’Afghans modérés et d’intellectuels. Il a ensuite représenté ce mouvement à la conférence de Bonn (Allemagne) de novembre et décembre 2001 chargée de mettre en place un gouvernement intérimaire.

Il se présente avec un Tadjik chiite d’Hérât, Mohamad Ismaïl Qasimyar, le président de la Loya Jirga constituante, et Baryali Nasraty.

Abdoul Rachid Dostom

Né en 1954 à Khawja Dokoh, petit village de la province de Djawzjan, Rachid Dostom est l’une des figures plus controversées de la scène afghane.

Issu d’une famille de paysans pauvres, Dostom travailla sur les champs de gaz naturel de Sheberghan (province de Djawzjan). Revenu d’un séjour en Union soviétique, il intègre le ministère de la sécurité intérieure et se voit confier l’unité 374 basée dans la province de Djawzjan.

C’est à la tête de cette milice composée de combattants ouzbeks financés par le gouvernement communiste, qui avait décidé de s’appuyer sur les divisions ethniques pour combattre la résistance, qu’Abdoul Rachid Dostom s’est fait connaître. Il mit sur pied une force efficace et relativement disciplinée de 20 00 hommes qui fut envoyée par le président Nadjiboullah sur tous les points chauds du pays. Il intégra le comité central du parti communiste et se vit conférer le titre honorifique de "Héros de la république d’Afghanistan".

En avril 1992, alors que la chute du régime communiste était inéluctable, Dostom apporta son soutien au commandant Massoud, qui put ainsi entrer le premier dans Kaboul au nez et à la barbe de Gôlbouddine Hekmatyar, son rival de toujours.

Dans Kaboul libéré, les hommes de Dostom furent très rapidement affublés du surnom de glam jam, littéralement "voleurs de tapis", en raison de leur tendance prononcée à se payer sur l’habitant. La présence d’anciens miliciens communistes fournit à Hekmatyar le prétexte pour attaquer la capitale. Néanmoins, les deux hommes s’allièrent pour attaquer Massoud le 1er janvier 1994. Dostom attaqua aussi Massoud dans le nord du pays où il avait créé un véritable micro état pourvu d’une compagnie aérienne (Balkh airways) et de la capacité de frapper la monnaie.

La trahison de son second, le général Abdoul Malik, le força à quitter l’Afghanistan en 1997. Il tenta un retour l’année suivante avant d’être définitivement chassé par les taliban auxquels il avait pourtant apporté son aide pour la remise en état d’un semblant d’aviation militaire. Ce n’est qu’en avril 2001 qu’il revint en Afghanistan, dans le Panjsher plus précisément, pour demander au commandant Massoud l’autorisation de reprendre la lutte avec son soutien militaire. Il s’installa dans le district de Zari, à l’ouest de Mazâr-e Sharif. Mais, dépourvu de moyens et sans soutien populaire fort, il ne fut pas capable de peser militairement jusqu’à l’intervention américaine qui lui rendit son lustre d’antan, même si son image dans la presse internationale a été écornée par la découverte en 2002 d’un charnier renfermant les corps de prisonniers taliban dont il avait la responsabilité.

Nommé représentant officiel du président Karzaï dans le nord en 2002, il estime que ce poste n’est pas digne de son rang.

Depuis la chute des taliban, Dostom s’oppose à Ostâd Atta, son rival tadjik du Djamiat-e Islami, pour le contrôle politique, administratif, économique et militaire des provinces du nord de l’Afghanistan. Plus récemment les troupes de Dostom ont attaqué la province de Faryâb chassant les autorités officielles de la province.

Les plus critiques envers ce chef de guerre plus qu’opportuniste ne manqueront pas à dire que son programme va à l’encontre de ses actes jusqu’aujourd’hui. « Si je suis élu président, je construirai une nation basée sur l’islam » a-t-il affirmé récemment. Il poursuivra son programme en désarmant toutes les milices à travers le pays, luttera contre la drogue et va promouvoir les droits de l’homme et la démocratie. Autant dire que sa veste de démocrate ne lui convient pas du tout au vu de ses atteintes aux droits de l’homme durant ces 15 dernières années.

Fervent partisan d’un système fédéral en Afghanistan, il va recueillir avant tout des voix ouzbeks et turkmènes. Il est intéressant de noter qu’il est l’un des rares à avoir nommé une femme parmi ses deux vice-présidents.

Massouda Djalâl

L’unique candidature féminine, celle de Massouda Djalâl, se veut avant tout symbolique. Elle ne remportera pas les élections, mais son courage et son passé irréprochable comparé aux autres candidats lui feront marquer des points. Elle représente un encouragement pour les femmes afghanes qui ont souffert et souffrent toujours de la guerre et de ces conséquences et des coutumes afghanes.

Née à Gulbahar village au nord de Kaboul d’un père ingénieur du textile et d’une mère femme au foyer. Massouda Djalâl a fait des études de médecine. Ancienne enseignante du département de médecine de l’université de Kaboul, elle choisit de se consacrer à la psychiatrie. Interdite de travail par les talibans, Massouda Djalâl a travaillé pour Médecins sans Frontières (MSF), pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avant défendre la cause des femmes dans le cadre du Programme alimentaire mondial des Nations unies sous le règne des taliban. Elle peut clamer fièrement que pendant ces 23 années de guerre, elle n’a jamais quitté sa terre natale.

Fin janvier 2004 elle annonçait déjà son souhait de se présenter aux présidentielles afghanes, affirmant que cette élection représente «  un événement majeur, car, en 5 000 ans d’histoire, jamais aucune femme n’a participé à la direction politique du pays ».

Massouda Djalâl s’est fait connaître en juin 2002 lorsqu’elle s’est portée candidate à la présidence de l’administration intérimaire afghane issue des accords de Bonn de décembre 2001. Appelés à voter, les délégués de la Loya Jirga ont choisi Hamid Karzaï à une écrasante majorité (1 295 suffrages sur 1 575). Mais, Massouda Djalâl est parvenue à arriver en deuxième position du scrutin avec 171 voix. « Le monde sait dorénavant que les femmes afghanes ont ce poids », déclarait-elle après le vote. Massouda Djalâl a aussi participé à la Loya Jirga constituante de décembre 2003.

« Des gens très conservateurs m’encouragent et me disent : oui, nous pensons qu’une femme peut ramener l’unité nationale, car les femmes n’ont jamais pris part à la guerre, car elles n’ont pas de sang sur les mains. » déclare-t-elle.

Agée d’une quarantaine d’années, elle est mère de trois enfants. Elle vit à Kaboul dans le quartier de Microrayon. Dans sa campagne électorale, elle reçoit l’aide précieuse de son mari Faizôllah.

Hâdji Mohammad Mohaqiq

Âgé de 49 ans, cet ancien ministre de la Planification du gouvernement Karzaï est né à Balkh, dans le nord de l’Afghanistan.

Hâdji Mohammad Mohaqiq a été un membre important du Hezb-e Wahdat-e Islami (Parti de l’unité islamique), formation fondée en 1989 à l’instigation de l’Iran qui souhaitait fusionner les partis chiites en un seul pour avoir plus de poids face aux partis sunnites. Mohaqiq a notamment assuré la direction des comités politiques et administratifs de la Zone nord. À ce titre, il participa à la chute de Mazâr-e Sharif en joignant ses forces à celles du général Malik pour expulser Rachid Dostom puis les taliban.

A la prise de contrôle des provinces septentrionales par les taliban, Hâdji Mohammad Mohaqiq participa à la résistance anti-taliban en compagnie de Mohammad Ostâd Atta et du général Anwari, ce qui lui permit d’acquérir une certaine autonomie au sein du Hezb-e Wahdat et de se démarquer du leadership de Karim Khalili.

À l’automne 2001, en compagnie de Mohammad Ostâd Atta et de Rachid Dostom, il prit la ville de Mazâr-e Sharif. Puis, il participa au premier gouvernement Karzaï en tant que ministre de la Planification et vice-président. En juin 2002, il fut confirmé dans ses fonctions de ministre de la Planification.

Candidat déclaré aux élections présidentielles de 2004, Hâdji Mohammad Mohaqiq a quitté le gouvernement afghan en mars de la même année dans des conditions floues. Il affirme avoir été limogé par le président Karzaï qui, de son côté, considère qu’il était démissionnaire.

Tout comme Dostom, Mohaqiq est accusé de crimes et d’atteinte contre les droits de l’Homme. Son électorat sera exclusivement Hazara.

Il se présente avec Nasir Ahmad Insaf et Abdoul Faiaz Mhir Aian.

Hamid Karzaï

Président afghan par intérim depuis décembre 2001, il est né le 24 décembre 1957 à Kandahar dans la tribu des Popolzaï dont son père Abdoul Ahad Karzaï était le chef.

Adolescent, il voulait servir son pays en tant que diplomate. Il souhaitait, grâce à une carrière à l’étranger, échapper ainsi à l’étouffante routine tribale qu’il ne semblait pas affectionner. Mais les choses ne se sont pas déroulées ainsi. Après avoir suivi des études à Kaboul, Hamid Karzaï part pour New Delhi étudier le droit. C’est depuis l’Inde qu’il sera informé, par l’ambassade des États-Unis, de l’arrestation de son père en 1979 par les hommes de Taraki. Un autre événement va lui rappeler son devoir. En 1980, il visite un camp de réfugiés installé à Quetta, au Pakistan. Dès son entrée dans le camp, il est entouré par des centaines de Popolzai ravis de voir le fils du khân. Hamid Karzaï fut alors confronté à ce qu’il avait voulu rejeté. Il se promit à cet instant de marcher dans les traces de son père, et d’assumer son statut de futur chef de tribu.

Toutefois, il ne prit pas les armes contre les Soviétiques. Il intégra bien un parti de la résistance, le Jabha-e Melli (Front de libération nationale de Sebghatullah Mojaddedi), dont il devint le porte-parole. À la fin de la guerre, il intégra le gouvernement Rabbani (juin 1992) en qualité de vice-ministre des Affaires étrangères. Las des luttes intestines, il donna sa démission et apporta un soutien politique, logistique et financier (50 000 $ selon ses propres dires) au mouvement taliban naissant (mai 1994). Peu de temps après (septembre 1994), il se démarqua des miliciens dont le mouvement avait été, selon lui, dénaturé par les influences arabes et pakistanaises qui agissaient en sous-main. Pourtant, les taliban lui avaient proposé de les représenter à l’ONU (à ce moment-là, les taliban venaient tout juste de s’emparer de quelques provinces du sud de l’Afghanistan). Il poursuit son parcours professionnel dans le pétrole au sein de la compagnie américaine Unocal qui souhaitait construire un gazoduc en Afghanistan. Il travailla notamment avec Zalmay Khalilzad, l’actuel ambassadeur des États-Unis en Afghanistan.

Son opposition aux taliban a été renforcée en juillet 1999 par l’assassinat de son père attribué aux taliban. Abdoul Ahad Karzaï a été tué alors qu’il regagnait son domicile de Quetta après avoir assisté à une prière à la mosquée du quartier. Hamid Karzaï se retrouvé à la tête de la tribu des Popolzaï. Celle-ci, forte de 500 000 membres, appartient au clan Durrani de la tribu pachtoune. Fin octobre 2001, il se rend clandestinement en Afghanistan, dans la province d’Uruzgan, lieu de naissance du mollah Omar, avec pour objectif de couper les Taliban des tribus pachtounes. Les taliban ont tenté de le stopper sans succès. Il a pu alors se concentrer sur Kandahar. Ses hommes se trouvaient, le 5 décembre 2001, à 15 km au nord de la ville. Ils se battaient pour la possession d’un pont près d’Arghandab.

Personnage consensuel, Hamid Karzaï a été choisi par les délégations présentes à la conférence de Bonn pour diriger, à partir du 22 décembre 2001, l’administration intérimaire au détriment du professeur Sirat, l’un des candidats à la présidentielle, qui avait les faveurs des factions afghanes.

Hamid Karzaï est âgé de 46 ans. Il est marié avec une gynécologue afghane, il n’a pas d’enfant.

Candidat soutenu par les Américains, il a une très bonne image aux yeux de la communauté internationale, il est attendu comme gagnant de ces élections. Karzaï sait très bien que seul le côté démocratique de ces élections ne lui permettra pas de les remporter, il joue ainsi la politique de la main tendue en essayant de rallier plusieurs réseaux de solidarité à sa cause, notamment parmi les anciens taliban et les partisans du Hezb-e-Islami de Golbodine Hekmatyar.

Le choix d’Ahmad Zia Massoud (frère du célèbre commandant Ahmad Shah Massoud) comme vice-président permet à Karzaï de s’assurer un soutien panjsheri. Zia est aussi le beau fils de Borhanudine Rabbani, le leader du Djamiat-e-Islami qui a aussi affirmé son soutient au président Karzaï. De plus, Zia est l’un des rares non pashtounes favorables à l’entrée au gouvernement des « taliban modérés ». Le choix de Karim Khalili sera payant parmi la communauté chiite Hazara.

Homayoon Shah Asifi

Âgé de 64 ans, Homayoun Shah Asifi est un pachtoune soutenu par le Parti National Monarchiste en relation avec l’ancien monarque Zâher Shah. Il a vécu en France de 1962 à 1973 où il a obtenu un doctorat de sciences politiques à Dijon.

Homayoun Shah Asifi a un temps servi en tant que ministre sous le règne de Zâher Shah.

Il a, depuis son exil en France, travaillé pour des firmes étrangères en Afghanistan.

Marié et père de trois enfants, il parle couramment le dari, le pashto, l’anglais et le français.

Ses colistiers sont Abdoullah Rahmatee et une femme, la tadjike Nilab Mobarez, francophone également et fille du Docteur Mobarez, importante personnalité durant la monarchie de Zâher Shah.

Mir Mohammad Mahfoz Nidaii

Pashtoune âgé de 65 ans, il est conférencier à l’université de Kaboul où il a étudié les sciences. Il a, par la suite, obtenu une maîtrise en gestion en Suisse et un doctorat en géochimie à l’université de Moscou. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la politique et l’économie. Il était ministre des Mines et de l’Industrie avant de présenter sa candidature à l’élection présidentielle.

Ses colistiers sont Sayid Mohammad Arif Ibrahim Khel et Mohamad Hakim Karimi.

Ghulam Farouq Nijrabi

Conférencier et chirurgien pédiatre, Ghulam Farouq Nijrabi est un tadjik de 50 ans. Il a fait ses études de médecine en Inde avant de retourner en Afghanistan en 1983 pour donner des cours à l’université de Kaboul.

Son ticket présidentiel comporte également Abdoul Fatah et Abdoul Hanan.

Ahmad Shah Amadzai

Âgé de 61 ans, Ahmad shah Amadzaï est un richissime chef de guerre de la mouvance moudjahidine, ancien collaborateur du leader fondamentaliste Abdoul Rab Rasul Sayyaf.

Il a fui l’Afghanistan lorsque les taliban ont pris Kaboul en 1996 pour se réfugier en Turquie et en Grande-Bretagne. Il est rentré au pays après la chute du régime tâleb en 2001.

Ses colistiers sont Aminullah Shafajoo et Abdoul Mannam Uruzgani.

Abdoul Hasib Aryan

Ancien colonel de police, il est opposé aux divisions ethniques et milite en faveur de l’égalité entre hommes et femmes. Âgé de 43 ans il est d’ethnie tadjik et père de 5 enfants.

Ses colistiers sont Dil Aqa Shkaib et Sayid Jahya.

Abdoul Wakil Mangul

Il est né à Khôst, dans l’est de l’Afghanistan, en 1954. Il a fait des études de zoologie à l’université de Kaboul avant de rejoindre l’Union soviétique où il a obtenu une maîtrise. Il a édité un magazine Djihad et publié plusieurs livres. Il par le pashto, l’anglais, le russe et l’urdu.

Ses colistiers sont Mohammed Yonius Moghil et Dina Gul.

Abdoul Hadi Khalizai

Il est le plus âgé des candidats : 72 ans. Ancien procureur et professeur, il a fait ses études de droit et de jurisprudence religieuse à l’université de Kaboul. D’ethnie pashtoune, il est né dans la province du Kounar.

Ses colistiers sont Khidai Noor Mando Khil et Khdadad Urfani.

Mohamed Ibrahim Rashid

Il est issu d’une famille pashtoune de propriétaires terriens ayant fui au Pakistan lorsque les communistes ont pris le pouvoir. Il a étudié en Allemagne, dont il parle la langue, ainsi que le français, l’anglais, le dari et l’urdu. Il a travaillé au Pakistan pour un organisme germano-afghan qui venait en aide aux réfugiés.

Il se présente avec Sayid Mohammad Hadi et Hamid Tahiri.

Saïd Abdoul Hadi Dabir

Emprisonné sous le régime communiste, il est membre du Djamiat-e-Islami. Il est, tout comme Latif Pedram, un opposant au président Karzaï contre lequel il a organisé plusieurs manifestations.

Âgé de 42 ans, il est marié et père de 4 enfants. Il parle le pashto, le dari et l’ouzbek.

Ses colistiers sont Abdoul Rachid et Dad Mohammad.








Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | © copyright bassirat.net - 2007