Pour le PPP, la question des juges est loin d’être considérée comme cruciale pour deux raisons. D’une part, avant l’assassinat de Benazir Bhutto, le parti négociait un partage du pouvoir avec le président Moucharraf. L’idée d’une coalition avec la PML-Q, rival traditionnel, n’est dûe qu’au choc provoqué par la mort de Benazir Bhutto et par les erreurs de Pervez Moucharraf qui a réussi l’impossible, réconcilier le PPP et la PML-Q pour faire avancer la démocratie au Pakistan.
D’autre part, les juges, une fois réinstallées, pourraient se pencher sur la constitutionnalité du décret d’amnistie promulgué sous le régime de l’état d’urgence par Pervez Moucharraf. Benazir Bhutto et son mari, Asif Ali Zardari, étaient poursuivis pour des faits de corruption et des détournements de fonds publics du temps où elle dirigeait le pays.
Pour Nawaz Sharif, ancien Premier ministre et leader de la PML-N, la réinstallation des juges est son principal cheval de bataille. « L’intégrité du pays restera intacte seulement si les juges sont réinstallés. La survie du Pakistan et de la démocratie demeurera à l’état de rêve si les juges ne sont pas réinstallés », a-t-il déclaré avant de prendre l’avion pour Dubaï.
Un possible échec des négociations pourrait sonner le glas de la coalition et plonger le Pakistan dans une nouvelle crise, le (PPP) de Mme Bhutto ne disposant pas la majorité absolue au Parlement. Dans l’attente d’une décision finale qui sera prise demain, le Pakistan retient son souffle.
Avec Dawn et Reuters


