Les pourparlers anglo-afghan scellant la défaite anglaise


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Illustration de droite : Wazir Mohammad Akbar Khan, chef de la résistance qui déjoua les intrigues de Macnaghten Illustration de gauche : Sir William Macnaghten, diplomate anglais qui tenta de retourner les chefs de la résistance contre Akbar Khan

L’arrivée des forces afghanes à Kaboul et les pourparlers entre Akbar Khan et Macnaghten

Quelques jours après les évènements du marché de Kaboul, Mohammad Akbar Khan, fort d’une armée de plusieurs milliers d’hommes, se présenta aux portes de la ville. Ce dernier, avec l’appui d’Aminullah Logari, prit en main les rênes du soulèvement au dépens de Nawab Zaman Khan. Quelques compagnies britanniques furent envoyées à leur encontre, mais elles se firent massacrées. Le chef de la résistance, malgré son jeune âge, avait connu de nombreuses batailles et en fin stratège il interdit immédiatement, sous peine de mort, la vente de nourriture au cantonnement anglais. Les Anglais se préparèrent alors à être attaqués. C’est alors qu’Akbar Khan prit tout le monde à contre-pied en leur proposant une trêve.

Ses demandes étaient claires. Il désirait que Shah Shoja soit démis du trône et que l’émir Dost Mohammad soit autorisé à rentrer en Afghanistan afin de remplacer la marionnette sadozaï. Au sujet des troupes anglaises, il exigea leur évacuation dans les délais les plus brefs. Ces conditions furent rejetées par Macnaghten qui ne désirait pas perdre la face, tout particulièrement face un peuple qu’il avait si souvent méprisé (notamment dans ses courriers destinés à ses supérieurs hiérarchiques). Il décida alors de comploter contre le jeune prince Barakzaï. Son but était à la fois de marginaliser Akbar Khan et de gagner du temps pour permettre aux renforts du Général Pollack, stationnés à Peshawar d’arriver.

Les intrigues de Macnaghten

En bon politicien, Macnaghten savait pertinemment que de nombreux chefs de tribus préféraient que Shah Shoja, sans véritable pouvoir, reste sur le trône, à condition que les forces d’occupation quittent le pays. A leurs yeux, le retour de Dost Mohammad, qui avant l’invasion anglaise n’avait eu cesse de renforcer le pouvoir de Kaboul, et par la même l’unité nationale, aurait réduit considérablement la marche de manœuvre des tribus. S’appuyant sur le vieil adage « diviser pour mieux régner », l’Anglais tenta alors de semer la dissension dans les rangs afghans en utilisant l’argument que le retour du souverain en exil serait une menace pour leur pouvoir. Ainsi, indépendamment des pourparlers en cours avec l’ensemble de la résistance, il entra discrètement en contact avec Akbar Khan avec l’espoir d’aboutir sur un compromis : Shah Shodja resterait sur le trône mais en contre-partie Akbar Khan deviendrait son Wazir (Premier ministre). L’honneur anglais serait sauf et ils pourraient alors se replier vers l’Inde. Une close stipulait qu’Akbar Khan devrait arrêter Aminullah Logari et le livrer à l’armée anglaise.

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Major Pottinger, il fut chargé de remplacer Burnes et Macnaghten à la tête de la diplomatie anglaise. Il négocia avec Akbar Khan les conditions du retrait de l’armée anglaise, à la fin des pourparlers il fut constitué prisonnier

Comme convenu dans son plan, parallèlement à ces pourparlers avec Akbar Khan, Macnaghten échangea des courriers avec Nawab Zaman Khan et Mohammad Usman Khan, leur promettant la même chose, tentant ainsi de les retourner contre leur chef. Akbar fut très vite mis au courant de ces agissements et il était bien décider à se venger. Il chargea donc un de ses gardes d’informer Macnaghten qu’il acceptait sa proposition. Une réunion fut organisée pour concrétiser ces accords. Elle eut lieu le 23 Décembre, non loin du cantonnement anglais. Macnaghten, accompagné de trois officiers, se rendit auprès d’Akbar Khan. Dans un pays comme l’Afghanistan où la parole d’un homme est sacrée, Akbar était bien décidé à faire payer cet affront à l’Anglais. Le déroulement de cette rencontre est resté célèbre dans l’histoire afghane. Elle commença par la remise à Akbar Khan de deux magnifiques pistolets. Les discussions commencèrent et très vite Akbar Khan manifesta son mécontentement par rapport à l’attitude de l’Anglais.

Il avisa le diplomate de sa décision de le garder en otage jusqu’à que les troupes anglaises ait quitté le territoire afghan. Pour ce, il ordonna qu’on désarme Macnaghten et ses hommes de mains. Ces derniers résistèrent et firent feu. Les afghans répliquèrent, et notamment Akbar Khan saisit les pistolets qu’on venait de lui offrir et abattit Macnaghten.

L’effondrement anglais

Les Anglais commençaient de plus en plus à craindre pour leur sûreté. Ils étaient maintenant apeurés et pour ces raisons, ils ne réagirent pas à la mort de Macnaghten. Mais le refus continuel d’Elphinstone d’agir face à cette situation fit prendre conscience aux Afghans qu’ils n’avaient rien à craindre des occupants. Macnaghten et Burnes étant morts, le major Pottinger fut chargé de reprendre les négociations. Il était apprécié des Afghans pour les avoir aidé à repousser les troupes russo-iraniennes à Hérât. L’officier anglais avait la mission d’obtenir les meilleurs conditions possibles afin de permettre le repli de l’armée anglaise vers l’Inde. En réalité, il devait négocier la reddition de la si fière Armée de l’Indus. Seulement, au cours des pourparlers, Akbar Khan avait toutes les cartes en mains et il n’était pas décidé à laisser l’officier anglais guider sa conduite, maintenant que l’avantage était de son côté. Il exigeait l’évacuation complète des Anglais ainsi que l’abandon de toutes leurs pièces d’artilleries. D’autres chefs de la résistance entrèrent dans les discussions et finalement à la fin des pourparlers, un texte fut adopté, dont les lignes majeures sont les suivantes :

- les soldats anglais devront évacuer l’Afghanistan, en laissant leur artillerie aux Afghans.
- Le roi pantin Shah Shoja devra s’exiler en Inde.
- Dost Mohammad sera autorisé à revenir au pouvoir. En outre, six otages anglais devront rester à Kaboul jusqu’au retour du souverain

Lors d’une ultime rencontre, les derniers détails concernant les modalités de la retraite vers l’Inde de l’armée déchue de l’Indus furent discutés. Au terme de cette réunion, les Britanniques parvinrent finalement à un accord, avec Akbar Khan et certains chefs tribaux, qui leur garantit leur sécurité au cours de leur retraite. Un groupe d’officiers comprenant Pottinger fut constitués prisonnier et resterait en Afghanistan tant que l’émir Dost Mohammad n’aura pas été autorisé à remonter sur son trône.








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