Les prémices de la création de l’Afghanistan - L’empereur de perse Nadir Shah Afshar et les cavaliers afghans à l’assaut de l’Inde


Nadir Shah (règne 1736-1747) et la fin de la dynastie Hoteki

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Shah Hussein (frère de Shah Mahmoud), dernier gouverneur ghilzaï de la ville de Kandahâr. Nadir Shah Afshar mit un terme à son règne en 1738. Par cet acte, il signa la fin de la dynastie des Hoteki.

La dynastie Hoteki n’était nullement en mesure de régner sur une contrée telle que la Perse. De plus, une nouvelle force émergea en la personne de Nadir Shah Afshar (1688-1747), un chef turkmène qui s’était proclamé régent d’un prince safavide qu’il détenait. Carrière exceptionnelle que celle de ce fils de berger qui en l’espace de treize ans, élèvera la Perse au zénith de sa puissance, conquit l’Inde et emporta ses plus fabuleux trésors. Les parents de Nadir appartenaient à une branche de la tribu nomade des Afshar, des Turcs établis au Khorasan. Nadir réussit à rassembler presque toutes les forces armées de Perse pour venir à bout de l’influence détestée des Afghans. Il attaqua d’abord les Abdali à Hérât. En effet, ces derniers à partir de leur place forte menaçaient sans cesse le Khorasan. Dans un premier temps, sous la conduite de Zulfikhar Khan (fils aîné de Zaman Khan), le nouveau gouverneur de la ville, les Abdali retranchés dans leur forteresse d’Hérât résistèrent aux assauts de Nadir. Mais ils durent finalement céder en Août 1731. Zulfikhar Khan, acompagné de son frère Ahmad Khan, s’enfuit alors à Kandahâr, chez leurs ennemis Ghilzaï. Là-bas, Shah Hussein (frère de Shah Mahmoud), le maître de la ville, les emprisonna, enfreignant ainsi le code ancestral du Pachtounwali dont a règle du Ninawati impose d’offrir la protection à celui qui le demande, même si celui-ci est votre pire ennemi.

Malgré la fuite des principaux chefs d’Hérât, Nadir fit quand même un grand nombre de prisonniers. Il remarqua très vite leur valeur militaire et très logiquement, il les incorpora dans son armée et leur offrit de combattre contre leurs rivaux, les Ghilzaï. En jouant les tribus pachtounes les unes contre les autres, Nadir anéantit la domination afghane en Perse. Pour Nadir et aussi pour eux-mêmes, les Abdali attaquèrent Kandahâr, toujours gouvernée par Shah Hussein. Finalement en 1738, les Ghilzaï furent définitivement expulsés de cette ville, ceci après plus d’un an de siège. Ce fut la fin de la dynastie pachtoune des Hoteki et par la même occasion celle de leur état indépendant de Kandahâr. Mais cette parenthèse de liberté pour les fiers guerriers pachtouns fut un élément crucial de l’histoire afghane, dans le sens qu’elle posa les premières fondations d’un futur Etat afghan. Comme au lendemain de la chute d’Hérât, Nadir qui tenait à ménager les Afghans, recruta de nombreux hommes d’armes pour son armée. Il se trouve que dans les geôles de Kandahâr croupissaient depuis sept ans le jeune Ahmad Khan, ainsi que son frère. Nadir les libéra et incorpora Ahmad Khan à son armée, ce dernier était alors âgé d’à peine dix-huit ans. Nadir Shah et les cavaliers afghans à la conquête de l’Inde

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Nadir Shah Afshar, empereur de Perse. Son rôle dans l’histoire afghane est primordial, car c’est lui qui fut le mentor du jeune Ahmad Khan Abdali, qprès que ce dernier ait été libéré des geôles de Kandahâr, où il avait été envoyé par Shah Hussein.

Grâce à ses nouvelles troupes, petit à petit Nadir devint le suzerain de toutes les plus importantes villes de l’actuel Afghanistan comme Kaboul, Ghazni ou encore Peshawar, anciennement sous le joug moghol. En fin stratège, il poursuivit une politique de conciliation avec les tribus afghanes. Ce fut la fin de la présence des Moghols en Afghanistan qui avait commencé avec le roi Babur en 1504. Tout le territoire afghan étant alors en sa possession, il pouvait alors entreprendre la conquête de l’Inde. Pendant ses expéditions, il s’appuya grandement sur ses troupes afghanes, mais beaucoup moins sur les Persans dont l’éloignait sa foi Sunnite. Au cours des années passées à combattre dans l’armée de Nadir Shah Afshar, Ahmad Khan, le jeune guerrier afghan incorporé à Kandahâr, se distingua par son courage et son intelligence. De ce fait, il monta rapidement de son poste de subordonné à celui d’officier dans le détachement des Abdali. Ce fut en cette qualité qu’il accompagna le conquérant perse dans toutes ses expéditions. Nadir ne pouvait se douter alors que toutes ses conquêtes allaient finalement revenir à ce jeune commandant. La tradition veut que le grand conquérant prophétisa lui-même qu’Ahmad Khan deviendrait roi après lui.

L’assassinat de Nadir Shah

De retour d’Inde, Nadir Shah commença à ressentir les effets d’une maladie sans doute contractée à Delhi. Ceci, affectant son tempérament foncièrement coléreux et cruel, allait le transformer bientôt en un monstre sanguinaire. Depuis quelques temps, il avait le pressentiment qu’on voulait en attenter à sa vie. Pour atténuer ses craintes, il fit mander Ahmad Khan Abdali. Le jeune afghan, qui avait été enrôlé dans l’armée persane après la chute de Kandahâr, était maintenant devenu officier supérieur dans le corps afghan et ouzbek du Shah, dont le commandement était aux mains de son compatriote Noor Mohammad Alizaï, membre d’une tribu inférieure à celle des Abdali. Cette unité d’élite comprenait aux alentours de 4000 guerriers ghilzaï, ainsi que 12000 abdalis. « Je suis mécontent de mes gardes, lui dit Nader. Ton attachement et ton courage me sont connus. Je te charge d’arrêter demain matin tous les officiers et de les mettre aux fers. N’épargne la vie d’aucun de ceux qui oseront te résister. Il s’agit de la sûreté de ma personne, et je ne confie qu’à toi le soir de mes jours. » Il se trouve que l es officiers de l’empereur avaient de nombreux espions auprès de Nadir Shah et ils furent rapidement mis au courant des instructions du roi. Plusieurs généraux et membres de la famille royale, craignant d’être exposés à la cruauté du roi décidèrent alors de le supprimer. Et c’est ainsi qu’en une nuit de Juin 1747, Nadir Shah fut assassiné non loin de Meshed (ville du Khorasan aujourd’hui en Iran) par ses propres soldats.

Les conspirateurs auraient voulu que la mort de Nader restât secrète jusqu’au lendemain, pour se prémunir contre la réaction des contingents afghans et ouzbeks. Cependant, une des épouses de la victime, une Afghane, semble avoir entendu le tapage provenant de la tente du Shah et deviné l’issue du drame qui s’y était déroulé. Aussi envoya-t-elle un messager auprès d’Ahmad Khan pour lui faire part de ses appréhensions. Celui-ci fit aussitôt battre l’appel de ses troupes, détacha un escadron pour protéger le harem impérial et se lança avec le reste de ses cavaliers sur le lieu du crime, sinon pour sauver son maître, au moins pour le venger. Les soldats persans pillaient le camps ce qui ne les empêcha pas d’opposer une vive résistance aux Afghans, ce qui persuada Ahmad Khan que l’armée persane tout entière avait partie liée avec les traîtres et que, dès lors, toute idée de vengeance ou de résistance était futile. Ahmad Khan garantit alors la sécurité des proches du défunt roi. Une fois la famille de son ancien suzerain en sécurité, Ahmad Khan se rendit compte, devant le chaos engendré par cet assassinat, que la situation était intenable. Il prit alors la décision de rentrer dans son pays natal. Avant de partir, la famille de Nadir Shah pour récompenser Ahmad Khan lui offrit le fabuleux diamant Koh-i Noor. C’est à ce moment que le destin d’Ahmad Khan Abdali pris un tournant capital et ceci eut des répercussions très importantes sur l’histoire future de l’Afghanistan.








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