Pakistan - Taliban

Mansour Dadôllah a été capturé au Pakistan

Bassirat.net

lundi 11 février 2008

Lundi, alors qu’il franchissait la frontière qui sépare l’Afghanistan du Pakistan, Mansour Dadôllah, figure des taliban dans la province afghane de Helmand depuis la mort de son frère, le mollah Dadôllah, a été grièvement blessé puis capturé par les forces de sécurité pakistanaises.

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Mansour Dadôllah
Crédits : AFP/Massoud Hossaini

Mansour Dadôllah et cinq autres taliban ont affronté les forces de sécurité pakistanaise alors qu’ils tentaient de pénétrer au Pakistan, a annoncé, sous le couvert de l’anonymat, un responsable des services de renseignements pakistanais. « Ils ont refusé de s’arrêter et ont ouvert le feu », a déclaré, pour sa part, le général Athar Abbas, porte-parole de l’armée. « Les forces de sécurité ont riposté et tous ont été blessés », a-t-il ajouté. « Dadôllah a été arrêté vivant mais il grièvement blessé », a précisé le général Abbas. Plus tôt, un autre responsable militaire avait fait état de la mort de Mansour Dadôllah lors de son transfert vers un hôpital.

L’incident s’est produit dans le village de Gawal Ismaïlzaï, dans la province du Baloutchistan, à environ 240 kilomètres au nord-est de Quetta, capitale de cette province. En mars 2007, le mollah Obaidôllah Akhound, ancien ministre de la Défense, a été capturé dans cette ville où serait installé un Conseil (choura) assurant le commandement stratégique et la conduite des opérations des taliban dans le sud de l’Afghanistan.

C’est également dans cette région, à Zhob précisément, qu’un commandant tâleb pakistanais, Abdoullah Meshoud, a perdu la vie en juillet 2007 après, selon la version officielle, avoir été encerclé par les forces de sécurité. Située à proximité de la frontière afghane, cette région est une base arrière importante pour les taliban qui bénéficient du soutien d’un important réseau d’écoles coraniques.

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Dépouille du mollah Dadôllah
Crédits : DPA

Mansour Dadôllah a fait la une des médias en mai 2007, quelques jours après la mort de son frère, le mollah Dadôllah, dans un raid des forces britanniques. Appelé par le mollah Omar pour diriger la zone méridionale (qui comprend les provinces de Kandahâr, Helmand, Ourouzgân, Nimrouz, Farah et Zâbol), son règne a été de courte durée.

Fin décembre, un porte-parole des taliban, Zabihôllah Moudjahed annonçait que le mollah Omar, chef suprême des taliban, avait décidé de le démettre de ses fonctions pour avoir « désobéi aux ordres » et mené des opérations « contraires aux règles des taliban ». Au même moment, le gouvernent afghan expulsait deux diplomates occidentaux accusés d’être entrés en contact avec les taliban dans la province de Helmand. Selon la presse britannique, les deux diplomates mettaient sur pied un plan visant à entraîner 2 000 taliban repentis, Mansour Dadôllah et ses hommes selon un diplomate occidental cité anonymement par The Independent.

Un nouveau règlement de comptes ?

Dans une dépêche, l’Associated Press affirme que l’opération qui a conduit à la capture de Mansour Dadôllah a été menée par des forces de police, des éléments de la composante antiterroriste des forces de sécurité et par des commandos de l’armée. La présence d’éléments aussi disparates laisse penser que Mansour Dadôllah était attendu.

En décembre 2006, le mollah Akhtar Mohammad Osmani, désigné comme successeur du mollah Omar lors de la chute de Kandahâr en décembre 2001, a été tué dans une frappe aérienne dans le sud de la province de Helmand. Selon certaines sources, le mollah Dadôllah aurait contribué à son élimination en laissant transpirer des informations sur le convoi dans lequel se trouvait Osmani.

Récemment, Mansour Dadôllah avait expliqué la décision du mollah Omar de l’écarter du mouvement par une conspiration de commandants taliban impliqués dans le mort de son frère.

Avec AFP et AP








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