En 2006, 165 000 hectares de pavot ont été cultivés en Afghanistan, contre 104 000 en 2005, ce qui constitue une hausse de 52 %. Dans toute son histoire, jamais l’Afghanistan n’avait consacré autant de surfaces au pavot. La production d’opium s’est élevée à 6 100 tonnes, en augmentation de 49 %. L’opium afghan couvre désormais 92 % des besoins dans le monde. « Les cultures ont progressé de manière spectaculaire en 2006, au point de neutraliser les succès remarquables obtenus dans l’élimination d’autres sources d’approvisionnement, en particulier en Asie du Sud-Est », affirme le communiqué de presse publié par l’UNODC.
Vingt-huit provinces sur trente-quatre sont désormais concernées par la culture du pavot. 62 % de la récolte provient des provinces du Sud. Celle de Helmand se distingue tout particulièrement. « Gravement menacée par l’insurrection, [elle] est en passe de devenir la première source d’approvisionnement en drogue du monde ; les cultures illicites y sont plus importantes que dans tout le reste du pays, et même que dans des pays comme le Myanmar, voire la Colombie », a affirmé Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l’UNODC. « Si l’on pouvait opérer avec succès le cancer de la drogue et de l’insurrection dont souffre la province, le monde serait débarrassé de la plus dangereuse source du plus dangereux stupéfiant et cela contribuerait pour beaucoup à rétablir la sécurité dans la région », a-t-il ajouté.
Le lien entre rébellion et production de pavot se retrouve dans l’est du pays où les surfaces de pavot ont considérablement augmenté, passant de 4 095 à 8 312 hectares. Toutefois, la plus forte progression, + 218 %, est enregistrée dans le centre de l’Afghanistan, région peu touchée par les violences dont la surface dévolue au pavot est passée en un an de 106 à 337 hectares. De même, le Nord-Est enregistre une progression de 74 %, passant de 8 734 à 15 234 hectares.
En dépit d’une récolte exceptionnelle, les prix ont, dans l’ensemble, bien résisté, évoluant toute l’année au-dessus de 100 dollars le kilogramme d’opium. De même, les disparités régionales ont eu tendance à s’estomper au cours de l’année. Ainsi, la valeur de la récolte a atteint 3,1 milliards de dollars, soit 52 % du produit national brut. L’argent de l’opium se répartit de la façon suivante : 760 millions de dollars pour les paysans et ont 3,1 milliards de dollars pour les trafiquants.

- Opium dissimulé dans des amandes
Photo prise dans les environs de Kaboul le 27 juin 2007. Crédits : AP Photo/Farzana Wahidy
Le pavot fait désormais vivre 448 000 foyers, soit 2,9 millions de personnes pour une population estimée à 23 millions d’habitants.
Avec UNODC





