Afghanistan – Police nationale

Trois policiers condamnés à dix ans de prison pour viols

Bassirat.net

dimanche 24 février 2008

À l’issue d’un procès bref, une cour militaire de Kandahâr a condamné samedi trois policiers reconnus coupables du viol d’un garçon de douze ans et de son père à dix ans de prison. Devant les témoignages accablants et victimes et la confession de l’un des accusés, le juge qui a dirigé les débats n’a eu besoin que de dix minutes pour rendre son verdict.

C’est en pleurs que Nour Mohammad, paysan âgé de 46 ans, a raconté son histoire devant le tribunal comment les officiers de police ont, le mois dernier, pénétré chez lui, à Kandahâr, principale ville du sud de l’Afghanistan, et l’ont accusé d’avoir dérobé 20 000 Afghanis, environ 270 euros.

Puis, les policiers ont conduit Nour Mohammad et son fils de douze ans au commissariat de Dand, bourgade située à quelques kilomètres à l’ouest de Kandahâr. Selon Nour Mohammad, le chef du poste, Assadôllah, 30 ans, l’a frappé avec son arme, et l’a obligé à le masturber et à lui faire une fellation. Puis, Assadôllah a baissé son pantalon et l’a violé. Nour Mohammad a raconté qu’il entendait son fils pleurer dans la pièce voisine. Il a tenté, en vain, de s’échapper de la pièce, a-t-il précisé. « Je leur ai dit de me tuer, mais ils ne l’ont pas fait », a-t-il déclaré lors du procès ». « S’ils m’avaient tué, j’aurais pu leur pardonner le jour du jugement dernier », a-t-il ajouté.

Puis, ce fut au tour de son fils de raconter son calvaire. Il a déclaré que trois officiers de police l’ont maintenu au sol et violé chacun leur tour. Le chef du poste est entré dans la pièce et l’a également violé.

Les quatre policiers, qui sont originaires des provinces du nord de l’Afghanistan, ont menacé l’enfant de le tuer si lui ou son père rapportaient aux autorités les violences dont ils venaient de faire l’objet.

Dès qu’ils ont été libérés, Nour Mohammad et son fils se sont redus au quartier général de la police à Kandahâr et ont porté plainte. Selon le procureur militaire, plusieurs officiers de police se sont rapidement rendus au poste de police de Dand, où ils ont appréhendé trois des quatre accusés, l’un d’eux ayant réussi à s’enfuir.

Devant le tribunal, Assadôllah a rejeté les accusations de Nour Mohammad et de son fils, accusant le père de vouloir le faire chanter. Un autre officier de police a également nié les faits qui lui étaient reprochés. Mais, le troisième accusé, Abdoul Samad, 23 ans, a reconnu avoir violé le garçon.

Avec The National Post








Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | © copyright bassirat.net - 2007