L’émir Abdul Rahman Khan (1844-1901) était le fils de Mohammad Afzal Khan (1811-1867), lui-même fils aîné de l’émir Dost Mohammad. Leader énergique et intelligent, il a réussi à redonner une unité à son pays. Ses vingt-et-une années de règne ont été caractérisées par sa volonté de moderniser l’Afghanistan et d’étendre la domination du pouvoir central de Kaboul sur tout le pays.
Mais avant d’en arriver là, Abdul Rahman Khan eut une existence semée d’embûches. En effet, très tôt dans son enfance, alors qu’il n’était qu’un jeune prince pas encore âgé de dix ans, il rejoint dès 1853, le Turkestan afghan, où son père servait comme gouverneur. Malgré son jeune âge, il participa à une série d’opérations qui eurent pour résultat l’extension du pouvoir de son grand-père, l’émir Dost Mohammad, sur les provinces du Kataghan et du Badakhshan.
Son père Afzal Khan avait très tôt été attaché à son éducation et dans ce but, il avait confié son fils à un de ses officiers qui fut ainsi chargé d’être le tuteur du jeune Abdul Rahman. Cet homme, prénommé Chir Mohammad Khan, était en réalité un soldat anglais anciennement appelé Campbell. Il avait été capturé en 1934 alors qu’il était mercenaire pour le compte de Shoja Ul-Molk qui tentait à cette époque de prendre la ville de Kandahâr, avec l’approbation des Anglais. Une fois prisonnier, il se convertit à l’Islam et officia désormais dans l’armée afghane. Ce personnage jouera un rôle considérable dans la formation militaire du jeune prince. Il lui enseigna notamment les techniques militaires européennes, celles-la même qui offriront plus tard tant de victoires au futur émir. A la mort de son mentor, Abdul Rahman Khan, alors âgé de treize ans, fut nommé commandant en chef des forces militaires de la province de Balkh et malgré son jeune âge, il remplit cette mission avec succès.

